
Aujourd’hui, et pour la première fois depuis extrêmement longtemps, je n’ai pas pensé une seule fois à mes élèves. Il est vrai que cette année, ils m’occupent bien moins souvent la cervelle. Sans doute parce qu’ils sont au lycée. Qu’ils ressentent infiniment moins le besoin de venir raconter aux adultes les moindres détails de leur existence. Sans doute parce que nous sommes bien plus à distance, affectivement parlant.
Et c’est parfait.
Si cette année m’a épuisé au niveau de la quantité de travail à fournir et de l’attention à maintenir à chacune de mes prises de parole pour être précis, utile et intéressant, elle a régénéré mes doses d’affect, sérieusement à sec après des années durant lesquelles il a souvent fallu être assistant social, confident et infirmier scolaire avec de petits êtres perdus dans le grand collège.
Les lycéens m’auront apaisé. Je suis crevé mais régénéré. Et ce paradoxe est doux.