Lundi 8 décembre

Et tandis que je suis absent du bahut, s’empilent dans ma boîte professionnelle – oui, je continue à la regarder et ça n’est pas bien – les rapports d’incidents concernant Kaitlyn. Et je serre les dents, car je reconnais là la pente. Ce ne sont plus des épisodes isolés, des envies de tester les limites ou des appels. Kaitlyn est en train de mettre le feu à sa scolarité, de plus en plus fort, de plus en plus violemment.

Ils sont doués, les ados, pour se rendre détestables quand ils le souhaitent. Surtout dans des périodes où la patience des adultes s’amenuise. Les mômes chercheront à trouver ce qui nous fait dégoupiller : pour l’une ce sera l’insubordination, pour d’autres la violence. Ils nous regardent, en permanence, ils nous observe, et cette surveillance constante peut devenir un labyrinthe dans lequel nous nous enfonçons de plus en plus profondément.

J’assiste en spectateur à ce phénomène que j’ai vu si souvent, et qui a rarement connu une issue positive. Parce qu’il n’y a pas de protocole établi, de solution qui a fait ses preuves. Peut-être quelqu’un redonnera-t-il espoir à Kaitlyn. Peut-être le retrouvera-t-elle seule. Mais ce qui me tord le bide, quand je lis qu’elle a craché sur un camarade ou insulté un adulte, c’est de me rendre compte à quel point il nous est difficile à nous, les profs, d’empêcher celles et ceux qui nous sont confiés de sombrer dans l’obscurité.

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