Mercredi 14 janvier

Ça se passe toujours bien, les mercredis avant les évaluations, en cinquième. C’est là où nous faisons les fiches de révision. Fiches qu’ils ont le droit d’amener en contrôle. Règle : pas plus d’un recto.

Et c’est parti pour une heure, dans ce bahut pas toujours facile, à faire ce qui semble aller de soi : bosser sur son cahier. Pendant une heure, les mômes ont le nez dans leur cours, à tenter de retracer la cohérence de ce que nous avons appris, à retrouver les mots de vocabulaire (on les écrit en vert) et les définitions de concepts importants (on les écrit en rouge).

« Aaaaah mais ça veut dire ça, en fait, « courtoisie » s’exclame Alicia en débouchant le stylo violet à paillette que je lui ai prêté (je retrouve systématiquement les 24 crayons impeccablement rangés par couleur, à la fin de ces cours). Pendant ce temps, Lupa, qui a déjà terminé sa fiche de révision chez elle « parce que je m’ennuyais » passe de table en table, pour aider les camarades que je lui désigne discrètement.

Je pourrais m’affliger en me disant qu’il faut que même ça, même réviser son cours, il faille le faire en classe. Je préfère me dire que ce mercredi, on s’offre du temps. Tout le monde dans les mêmes conditions. Tout le monde à trouver un sens. Ça n’est pas rien.

Une réflexion sur “Mercredi 14 janvier

  1. Je faisais ça en école primaire, quand j’avais des CM1, et j’adorais ça.
    A la fin de chaque séquence, je projette un document Word au tableau, et je leur demande : « à votre avis, quelles sont les questions que je vais poser à l’évaluation ? ». Le classeur sous les yeux pour ceux qui en ont besoin, ils me donnent les questions auxquelles ils pensent, je les note sur ce doc Word. On parle de la formulation, on élimine ce qui n’est pas assez clair ou représente un point de détail du cours, et puis je les imprime et ils s’en servent pour s’entraîner, sur des temps de classe. Certains écrivent directement les réponses à côté, d’autres ont des systèmes de surlignage, s’interrogent les uns les autres… Et à l’éval, pas de mystère : ce sont exactement ces questions. Ca me fait gagner un temps fou : 15 minutes avec eux pour faire ces questions, 5 pour les impressions et copies, fini les prises de tête le dimanche soir à préparer ces évals. Et quand ils se plantent, je sais exactement pourquoi, ce n’est pas le stress (puisqu’ils savent exactement ce qui est dans l’éval), ça ne peut pas non plus être une mauvaise compréhension de la question ou des attendus, ni un besoin d’aide dans les révisions qui n’a pas été rempli par les parents. Je retrouve dans tes mots cette sensation de paix, de calme, tout le monde travaille, tout le monde à égalité… Leur apprendre à apprendre, c’est aussi une part de notre boulot, et pas la plus ingrate selon moi !

Répondre à Anonyme Annuler la réponse.