Jeudi 5 février

Depuis la fin des vacances de Noël, il ne s’est pas écoulée une semaine sans que je reste au collège au moins deux soirs par semaine. Réunion, conseil de classe, conseil pédagogique, conseil de discipline, conseil d’administration, tant et tant de conseils. Je ne suis pas le seul, loin de là, presque tous les collègues voient leur temps s’étioler au bahut.

Forcément ça laisse des traces. Les arrêts maladie se multiplient, les regards se creusent, les épaules s’affaissent.

Alors, en profiter quand ça va.

J’ignore pourquoi, j’ai davantage la pêche ce matin. Est-ce à cause de l’album que M. m’a conseillé et qui résonne à fond dans l’habitacle de ma voiture ? Ou parce que le weekend s’annonce vraiment léger ? Ou juste parce que j’ai réussi à me coucher tôt ?

Alors profiter de cette force éphémère. Aller chercher quelques viennoiseries. Préparer le café en faisant particulièrement attention au dosage, écrire des mots idiots sur le tableau de la salle des profs. Toutes les « petites attentions ». Qui en ces temps d’épuisement soutiennent, quelques instants, juste pour l’heure de cours à venir, jusqu’à la récréation. Bientôt ce sera moi qui serai épuisé. Et alors je m’effondrerai et serai retenu par le sourire ou les bras d’une autre.

Pendant ces deux semaines encore, se soutenir et passer de bras en bras. C’est beau, mais c’est inadmissible, ce métier.

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