Mercredi 24 juin

Alors qu’en ce mercredi 24 juin, la réunion de préparation de fin d’année se tient à Ylisse, j’ai obtenu la permission de Cheffe d’aller arpenter les rues de l’agglomération rennaise pour trouver où me loger l’année prochaine.

Petit pic de culpabilité, et étrange impression, tandis que Lady T. me fait un reportage des interventions par SMS. J’ai toujours su, bien évidemment, qu’Ylisse tournerait exactement à l’identique, après mon départ. Et je vois le mouvement se poursuivre tandis que je suis déjà, un peu, mais irrémédiablement, au-dehors.

Mardi 23 juin

Nouvelle journée en dentelle au bahut : les arrivées échelonnées d’élèves, chargées de maintenir le virus à distance calent des plages de trente minutes à une heure et demie de délais entre deux cours. Arrivée échelonnée dont je constate rapidement toute l’efficacité : à partir de 14 heures, les élèves zonent devant le bahut, accueillant ceux qui viennent en cours à grand renfort de papouilles, balayettes et postillons (”Papouilles balayettes et postillons”, le prochain best-seller de la rentrée littéraire). 

Et bien entendu, dès qu’ils passent la grille, nous, adultes, les vaporisons consciencieusement de solution hydroalcoolique, nous battons pour qu’ils conservent leurs masques (”au-dessus du nez !” le prochain tube de l’été) et qu’ils se tiennent éloignés les uns des autres.

Tout cela donne une ambiance étrange. Le collège Ylisse flotte avec ses règles, à la fois vide et plein, tandis que les profs errent, un peu médusés, se demandant comment employer le peu de temps qui reste.

Par masochisme, j’ai décidé d’entamer l’étude de quelques extraits de Roméo et Juliette avec les quatrièmes Avaltout qui, après la séance horrible d’hier, se montre plutôt bien disposés à un voyage au cœur de Vérone. Surtout quand, imitant le mieux possible R., ma prof de théâtre, j’exige qu’ils lisent la première scène, extrêmement bouffonne, du ton le plus naturel possible. “NON ! Vous parlez pas comme ça quand vous menacez un camarade ! Recommencez !”

Les troisièmes Etourvol, eux, poursuivent leur voyage dans les landes venteuses d’Angleterre avec Emily Brontë. “Ça fait du bien, la pluie et le vent, avec la chaleur, là.” s’exclame Irina qui a décrété qu’elle baisserait son masque à chaque fois qu’elle a besoin de parler.

Je rentre en RER avec T., en pleine préparation pour les oraux qui lui permettront peut-être de quitter l’enseignement. En route, j’apprends que L. a également obtenu sa mutation. Nous devons être une quinzaine à quitter le collège.

En ce début d’été, tout se fragmente.

Lundi 22 juin

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Question : qu’est-ce qui a changé lorsque l’on retrouve une classe dont on a été le professeur principal durant un an, dont trois mois de confinement ? Une classe dont on a appelé chaque élève deux fois par semaines. Dont on a appris un peu plus, au niveau de la vie familiale. Qui nous ont confié leurs difficultés à suivre, dont on a réussi, parfois, à intégrer les parents dans le parcours scolaire ?

Dans le cas des Quatrièmes Avaltout : rien. Rien n’a changé du tout. Ce matin, il n’y a qu’un absent et la première chose que je fais est de me prendre la tête avec Yaël, qui refuse de retirer sa casquette. Il vient m’expliquer en grimaçant qu’il a honte de sa coupe de cheveux récente, qu’à cause du confinement, sa mère lui a rasé les cheveux elle-même, que c’est horrible. Par solidarité de déroute capillaire, je le réconforte, il explose de rire. C’était bien entendu une connerie, et Monsieur Samovar recommence en tombant dans le panneau.

Le reste est à l’avenant : mauvaise humeur et mauvaise foi. “Alors vous les profs, vous nous faites revenir juste pour travailler.” “Wesh pourquoi on met les masques dans ce collège, dans le collège / lycée / ranch de ma cousine / yorkshire / alpaga on le met même pas, les profs y forcent !”
Quatre minutes ne se sont pas écoulées que j’ai déjà dû empêcher trois fois un masque de servir de lance-pierre et reprendre trois écarts de langages, reprises saluées par des rires gras “Ah ouais c’est vrai le prof, il aime pas qu’on parle comme ça !”

Vague de découragement. J’aimerais trouver du réconfort à, quelque part, m’émerveiller devant la force de ces élèves qui, malgré une pandémie, malgré un virus qui a frappé certaines familles de plein fouet, ne changent pas. J’aimerais trouver du réconfort dans les yeux des six élèves qui me regardent, toujours aussi gentiment, avec toujours autant de compassion.

Mais ça n’est pas facile. Parce que je dois demander à deux autres mômes de ne pas retirer leurs masques pour s’amuser à faire des postillons, à une autre de ne pas se lever pour aller tirer les cheveux de sa copine.

Et tout ça juste pendant que je leur distribue leur emploi du temps.

Je hausse les épaules. Et déroule mon cours, en assurant un degré minimal de concentration. Pour eux, c’est le maximum que je puisse faire, durant ces deux dernières semaines : être prof.

Samedi 20 juin

En pleine préparation des cours pour ces deux dernières semaines. Beaucoup de méthode, afin que les élèves partent en vacances avec un socle un peu solide en tête (visiblement je ne suis pas le seul, un collègue de SVT avec qui je parlais hier a eu la même idée), quelques activités légères afin de ne pas les enfouir sous des notions trop complexes, et des fiches sur les différents mouvements littéraires et les grandes règles grammaticales de l’année.

Je me demande ce que le confinement créera, dans l’apprentissage de nos élèves : des béances ? D’autres types de savoir ? Ou rien du tout ? C’est une crainte qui me revient régulièrement, comme un fantasme ou un cauchemar : en fin de compte, quoi qu’il arrive, nos élèves arriveront tous sensiblement au même niveau, quels que soient leurs enseignants ou leurs parcours, la société est conçue comme ça et nous ne faisons aucune différence. Une sorte de monstre qui traine aux coins de ma pensée et que je repousse, année après année : enseigner est un acte de foi, et les résultats de notre travail, de nos idées, de nos expérimentations est rarement visible d’emblée.

Alors, jusqu’au bout, prendre soin de ces élèves. Soigneusement, choisir les meilleurs textes, penser aux activités les plus adaptées. Même s’il ne reste plus que deux semaines, même si ça n’a plus grand-sens : créons-en un peu.

Je me méfie énormément des croyances. Mais pourtant tente de forger, au quotidien, celle que j’ai en ma profession.

Vendredi 19 juin

“Les élèves, il faudra terminer votre conversation sur les maths modulaires ailleurs. D’abord parce que je n’y comprends rien. Ensuite parce que c’est le moment…
– Oh non monsieur !
– Je vous avais prévenu.”

En effet, il est temps que ça s’arrête. Dans les premiers jours du confinement, reprendre contact avec les élèves s’est révélé très compliqué. Serveurs de l’académie en rade, ENT déconnecté, Pronote aux abonnés absents.

Du coup, j’ai téléchargé Discord, j’ai recruté ma petite troupe de geeks, deux ou trois dans chaque classe à l’aide de mails, et réussi, de la sorte, à retrouver la majorité des élèves durant ces temps de troubles.

Les choses se sont calmées, les informaticiens du rectorat ont énormément travaillé et les outils numériques RGPD-friendly (la charte d’utilisation garantissant la confidentialité des données) ont pu être réutilisés ; à ce stade, j’aurais dû supprimer les serveurs.

Je l’avoue, je ne l’ai pas fait. Par pur égoïsme. Parce que j’étais sottement fier de cette petite communauté qui s’était créée et dans laquelle il n’y a eu presque aucun débordement, parce qu’il m’était infiniment plus facile de répondre à leurs questions via ce canal, parce que j’ai trouvé hyper touchant de voir mes quatre classes s’entraider.
Bien entendu, j’aurais tout à fait pu, dû, faire des efforts pour trouver des moyens plus éthiques de pallier à ce logiciel dont certaines conditions d’utilisation sont limites limites limites. Ça a été mon dysfonctionnement réconfortant, durant le confinement.
Cette possibilité de rester en contact avec les mômes. De partager avec eux quelques conversations plus informelle. De les voir, derrière leurs avatar One Piece ou Aya Nakamura, s’échanger des vidéos sur l’histoire des pyramides, me demander si cette nouvelle était vraie ou pas, rappeler aux autre que vite, il y a classe d’anglais, et qu’il faut venir. Ça a été mon lien avec eux.

La parenthèse s’achève, sans le moindre regret. Elle a duré ce qu’il fallait, et j’ai la faiblesse de croire que cette faute de ma part a été un appui pour les élèves. Un entre-deux où les cours du cahier de texte étaient relayés, et où on pouvait aussi demander au prof, smiley qui rigole, smiley qui transpire, comment ça se passait chez lui, parce qu’à la maison, chez eux, c’était pas toujours facile.

Rideau et retour aux visages des élèves, lundi prochain. Si je peux les voir, alors ces serveurs n’ont plus de raison d’être.

Jeudi 18 juin

Je l’ai voulue, je l’ai eue.

La mutation.

Une occasion de quitter cette région parisienne que je n’ai pas choisie, que j’ai commencé à occuper en pis-aller. Où, comme absolument tout le monde, et surtout les jeunes profs (oui, j’ai été jeune prof, arrêtez de rire), j’ai pris mes marques, étendu mes bras, puis déployé mes ailes.

Est-ce que ça aurait pu être là, mon vrai foyer, ma vraie maison ? Près des berges de Seine ? Qu’est-ce qu’un “vrai foyer”, au fond ?

Escalade jusqu’en Bretagne, où je vais redevenir TZR, la stabilité est rare, au pays de l’eau. Et déjà les contours de ma vie actuelle commencent à fluctuer. Qu’est-ce qui disparaîtra, qu’est-ce qui restera ? Tout est flou.

Ce n’est pas dit en tristesse. Tout est toujours flou. Garder le regard sur l’avenir que l’on se dessine, et les quelques étoiles que l’on trouve en chemin.

Mercredi 17 juin

Chers membres du Ministère de l’Éducation Nationale,

Je tiens à vous adresser tous mes remerciements. Si, un jour, je me retrouve projeté dans l’univers des Douze travaux d’Astérix, l’épreuve de la maison qui rend fou sera une telle partie de plaisir que je pense que César concédera sur le champ.

En effet, depuis qu’il a été annoncé qu’il était temps de faire revenir ces grosses feignasses d’enseignants nos élèves sur leur lieu de travail, les modalités dudit retour ont été pour le moins fluctuantes, et ce pour tous les adultes travaillant dans un établissement scolaire : des agents, qui se sont retrouvés à désinfecter au coton-tige les touches des claviers d’ordinateur aux personnels de direction, qui, à force de crée des emplois du temps en exploitant toutes les fonctionnalités de Pronote vont finir par accéder au stade de Dieux Quantiques, en passant bien entendu par les profs. Par exemple, dans notre bahut, il a été demandé au profs principaux d’organiser les semaines qui restaient en invitant les collègues à s’inscrire sur les différents créneaux d’enseignements réservées à leurs classes. Créneaux assez restreints, du fait que les élèves ne peuvent pas se croiser entre classes, doivent entrer par des endroits différents dans le bahut, se laver les mains à en faire honte à Ponce Pilate… Le tout en continuant à assurer des cours à distance, ce qui donnait des dialogues assez croquignols à base de “Désolé, je dois rentrer chez moi, je donne un cours.”

Il faut croire que cette organisation n’était pas bonne, quand le 14 juin, notre président a annoncé qu’à partir du 22, tout le monde allait retourner à l’école hop hop hop plus vite que ça. Nous avons donc pris notre organisation et l’avons mise bien profond dans nos poches, les agents ont réorganisé les salles, prévues pour 15 élèves, de façon à ce qu’elles puissent en accueillir davantage, et les personnels de direction ont à nouveau fait des offrandes à Pronote, qui était à deux doigts de muter en une entité dotée de conscience.

Et ce matin, au collège Ylisse, nous tenions conseil pour ré-ré-ré-organiser l’emploi du temps des élèves… Mais sans les règles du jeu. Parce que, bon, hein, filer un protocole d’accueil le mercredi pour une rentrée le lundi d’après, c’est un peu pusillanime. Chevauchons le tigre, même si nos jambes trainent par terre, et improvisons.
En vrai je suis mauvaise langue, le protocole est arrivé dans la matinée, forçant notre principale à interrompre la réunion pour le lire en direct. Pas de bol, il ne s’agit que d’une version provisoire, mais c’est vrai qu’on a des exigences trop hautes, nous les fonctionnaires, à demander les règles du jeu qu’on exige que nous jouions.

Il nous a donc fallu créer un deuxième emploi du temps à superposer au premier mis en place par les professeurs principaux (vous suivez ? Moi non plus), à l’aide d’un document partagé où tout le monde s’est virtuellement étripé pour réussir à caler une heure de techno par ci, une de maths par là.

Tout en ayant en tête que, de toutes façons, nous ne pourrons pas tenir toutes les exigences, comme éviter les changements de salles des élèves, étant donné que nous avons vingt-quatre salles pou vingt-six classes et que, contrairement au Tardis, le collège Yisse n’est pas plus grand à l’intérieur.

Après quatre heures de réunion et deux de remplissage frénétique de document partagé, nous avons un emploi du temps à peu près en place. Et vous savez quoi ? On accueillera juste un peu plus les élèves : parce que nous n’avons ni la place, ni les infrastructures pour respecter les exigences imposées dans ce document-brouillon. Parce que nous avons joué notre rôle : nous nous sommes agités sur scène, afin de bien montrer que nous obéissons aux consignes, que nos allons, en deux semaines rattraper les connaissances d’un trimestre fracassé, que quand L’État ordonne, le fonctionnaire fonctionne.

Je n’ai pas corrigé de copie aujourd’hui. Je n’ai pas préparé de cours, je n’ai même pas regardé les messages de mes élèves qui, depuis trois jours, ne cessent de me demander comment se passera la suite des événements. Et pourtant, je suis crevé.

Mais bon. Mes collègues et moi avons bien dansé. Et c’est ce qui compte, n’est-ce pas ?

Mardi 16 juin

“Vous avez osé grandir, pendant le confinement !”

Ils entrent en rigolant, et à un mètre de distance. Je me dis que ce que je viens de leur balancer est à peine une blague. Ils ne sont plus les même qu’il y a deux mois.

Aujourd’hui, je retrouve mes élèves. Et tant pis pour ce possessif, dont je me méfie habituellement. Enfin, enfin, je vais vraiment pouvoir faire cours. Avec eux en chair et en os. C’était il y a si longtemps. Deux mois. C’est un monde.

Et ils ont vraiment, vraiment grandi. Les quatrièmes se muent lentement en troisièmes : comme tous les ans, ils occupent un peu mieux leurs corps, et abandonnent les quelques scories de mômes qui restaient : tripoter la bretelle du cartable, bouder à la moindre remarque, ne pas oser sourire…
Par contre, comme tous les ans aussi, ils restent avant tout des ados : et il ne faut pas trois minutes pour que la classe de quatrième Avaltout redevienne un joyeux n’importe quoi, où je dois empêcher Mathis de tarter Alana qui l’a traité de “sémaphore” (j’apprendrai plus tard qu’elle voulait juste lui demander ce qu’était une “métaphore), où je dois expliquer que NON, les oiseaux ne font pas caca dans les nuages et que, par conséquent, avaler de l’eau de pluie n’est pas dangereux, tout en essayant de leur remémorer quelques bribes du travail que nous avons effectué à distance.

“Mais c’était dans un autre monde, ça monsieur. Je me rappelle du dernier vrai cours, mais pas de la classe virtuelle.”

C’est un fait. Tous sont capables de me citer des vers de “L’invitation au voyage”, entendue au dernier vendredi de l’ancien monde, mais les traits d’Adamsberg, que nous avons évoqué hier, sont irrémédiablement brouillés.

Les troisièmes Glee aussi ont subi une métamorphose. La plus miraculeuse, celle qui fait d’eux de jeunes gens. Là aussi, tous les ans, le prodige se répète. Quelque chose dans le port de tête, un tout petit peu plus altier, le menton un brin relevé. Et tout change. Ils ne subissent plus, ils sont là de leur plein gré, ou en tout cas sans plus d’opposition.
Ils sont les seuls à attendre tous sur les emplacements espacés d’un mètre. Monsieur Vivi, leur prof de musique depuis la sixième, leur a appris cela : laissez une chance aux adultes de vous expliquer la contrainte, même si vous ne la comprenez pas tout de suite. Ensuite seulement interrogez-la.

Je les retrouve la gorge serrée. Nous parlons de Maupassant, de son ironie. Le tissu entrave ma bouche, le masque que je porte est trop épais, il me colle aux lèvres, tout mon corps vient à la rescousse. Sourire des yeux et des mains, dans cette immense salle de technologie, distanciation sociale oblige. 

Ils sont ma récompense, ces futurs lycéens, presque étudiants, qui échangent, sans lever la main, mais dans le respect total de la parole de l’autre. Il n’y a plus de conflit, presque plus besoin de discipline. Peut-être, sans doute, je les idéalise. Mais flotte sur la salle T001 un grand apaisement.

L’autre jour, une élève s’est amusée à appeler à multiples reprises mon numéro, que j’avais confié à sa mère, après l’avoir aidé dans de multiples tâches administratives. Quand je l’ai confrontée à ce sujet, lui disant que je trouvais indigne qu’elle profite ainsi d’une faveur que j’avais fait à sa famille, elle m’a très insolemment et justement répondu : “j’ai pas à vous être reconnaissante.” Le terme m’avait marqué.

Pas de reconnaissance nécessaire. Voir ces élèves-là se déployer, entendre leurs voix, que même un masque n’étouffe pas, se dire que l’avenir a peut-être une chance, avec leurs envies aux commandes.

Je veux juste ça.

Lundi 15 juin

M. SAMOVAR : Bonjour les 4e Avaltout ! Bienvenue dans ce qui est peut-être notre dernière classe virtuelle. Je dois avouer que j’ai apprécié l’ambiance que ces séances nous…

ZAINEB : Pourquoi dernière ?

REYN : Wesh toi, on rentre tous à l’école, t’as pas vu Macron ?

FIR : lol tu regardes Macron, t’as rien à faire ?

M. SAMOVAR : Fir, j’ai déjà expliqué qu’on n’utilisait pas lol en cours de français, même en classe virtuelle.

FIR : Mais je le dis pas, je l’écris !

ANYA : MONSIEUR MON MICRO IL FONCTIONNE PAAAAAAAS !

M. SAMOVAR : …

LE RESTE DE LA CLASSE : …

ANYA : Ah si en fait, ahah, j’avais oublié d’appuyer sur le bouton vert.

MONSIEUR SAMOVAR : BREF. Je voulais vous remercier de votre assiduité. Beaucoup d’entre vous ont réussi à tenir le coup et…

LOUZ : Monsieur ? Pourquoi il se passe rien ?

MONSIEUR SAMOVAR : Branchez votre casque, Louz ! Louz ?

REYN : Monsieur, ça sert à rien de lui dire de brancher son casque si elle vous entend pas…

MONSIEUR SAMOVAR : …

REYN : Vous y aviez pas pensé, monsieur ?

MONSIEUR SAMOVAR : Nous allons donc profiter de cette heure pour faire le bilan de ce que vous avez appris pendant cette période si particulière et…

LUCCIA : Monsieur, je me rappelle plus, le roman avec Yvain le chevalier et son chien, là, c’était avant ou pendant le confinement ?

REYN : Wesh, espèce de bête, c’était l’année dernière, avec un autre prof !

MONSIEUR SAMOVAR : Reyn ! On ne s’insulte paaaaaaas !

ANYA : Rah monsieur, j’ai tellement hâte de vous revoir tous en vrai !

Et moi donc…