Samedi 14 septembre

Julia ne comprend pas.

Julia ne comprend pas ce qu’il faut écrire, où il faut aller s’asseoir, de quoi parle le texte, ce que raconte l’activité. Julia ne comprend pas tout le temps et en permanence.

« Je ne comprends pas, monsieur.
– Vous avez lu la consigne ? »

Elle n’a pas lu la consigne. L’incompréhension de Julia, c’est son mode de communication. Parce qu’elle a besoin qu’on vienne la voir. Qu’on s’assoie où s’accroupisse à son niveau, qu’on lui explique. Julia a besoin qu’on s’occupe d’elle. Et en fait, il s’avère qu’elle avait déjà compris.

J’ignore à quoi ressemblait sa classe de primaire, si ça a toujours été dans son caractère, ou si son entrée en sixième a déclenché cette façon d’être. Mais c’est un long et laborieux apprentissage qui commence. Celui de l’autonomie. Accepter que l’enseignant ne soit pas toujours au plus près. Qu’il y ait toujours un peu de distance. Se faire confiance aussi.

Bien entendu, je me le dis en tant qu’enseignant. Mais c’est une limite fine à observer, entre la volonté de les émanciper et la négligence. Ne pas non plus totalement se désintéresser d’elle ou l’envoyer bouler lorsque, pour la quatrième fois en une minute, elle lève la main pour dire qu’elle ne comprend pas (il n’y avait rien à comprendre). C’est encore et toujours une question de distance. Nous passons notre temps, en tant qu’enseignants, à ajuster des curseurs. Quant à la difficulté de nos cours, notre proximité ou non avec nos élèves, notre sévérité, le temps passé à expliquer, à les mettre en activité… Et finalement, on ne parviendra jamais à avoir la bonne distance avec absolument chaque élève.

J’espère, cette année, donner à Julia ce dont elle a besoin. Tout en sachant très bien que je ne suis qu’un des multiples personnages dans le tableau de sa confusion.

Vendredi 13 septembre

Comme tous les ans lorsque j’ai des sixièmes, je fais passer le test Fluence, une évaluation de début d’année portant sur la lecture orale, pour laquelle je n’ai pas spécialement d’affection. Je profite de deux heures à suivre en demi-groupe avec les sixièmes Feunard. Ils sont adorables, et absolument ravis quand je leur explique qu’aujourd’hui, ils vont travailler en autonomie pendant que je les fais passer, un par un, devant le texte de cette année.

Tout se passe très bien, jusqu’au moment où Flavie doit passer.

Flavie aime s’opposer. Par principe. Flavie n’aime pas forcément le conflit, mais dire non. Je m’en rends peu compte parce qu’elle est suivie par un AESH à chacun de ses cours, qui parvient à créer une sorte de petite bulle avec les trois élèves qu’il encadre, petite bulle qui les protège lorsque sa devient trop difficile pour eux, mais qui, je m’en rends de plus en plus compte, me protège également.

Seulement, là, on est dans l’administratif. Pas d’aménagement ou de sentiment, il faut que Flavie lise ce foutu texte sur des éléphants qui émettent des infrasons. Et si je me mets à exiger, je sais que ce sera foutu.

Alors évidemment, je commence par présenter ça comme un jeu. Zéro risque, zéro pression, on fait juste ça pour s’amuser. Elle se déride un peu, mais à peine. Je lui propose de devenir mon assistante. Comme ça, elle verra à quoi ça ressemble. Elle tient le chronomètre, donne le top. Compte les mots lus par ses potes. Se referme quand je lui propose de passer.
En désespoir de cause, M., l’AESH, se prête lui aussi au jeu. Il se tient, très sérieux en face d’elle, et commence la lecture. Il butte sur un mot, ça fait rire Flavie. Le rire qui marque qu’elle va accepter. En effet elle lit. Plutôt correctement, d’ailleurs. Et repart en souriant un tout petit peu.

Il nous aura fallu presque vingt minutes, pour qu’elle accepte. Vingt minutes que je n’ai pu lui accorder que parce que la classe est très gentille, et en demi-groupe. Parce qu’avec M., on s’entend bien et qu’on a le même rapport aux mômes. Vingt minutes qui constituent un luxe total et absolu. Pour faire passer un bête test. Pour prendre un tout petit peu soin d’une élève.

C’est dingue, en fait.

Jeudi 12 septembre

Il y a des personnages qui ont un petit ange et un petit démon sur chaque épaule, moi, j’ai M. O’Neill et M. De Martino. Il s’agit de deux enseignants de la magistrale série Daria, qui caricaturent, encore aujourd’hui, parfaitement le corps professoral, O’Neill étant le pédagogue lunaire et naïf, De Martino l’amer et revenu de tout. Les deux ne sont pourtant, pas dénués de qualités et parfois – rarement – aident Daria, le personnage principal, à avancer sur la route caillouteuse de l’adolescence.

Et lorsqu’en traversant la cour de récréation, je repère un élève que je n’ai pas en classe en train de se servir de la tête d’un de ses camarades comme d’un tabouret, les deux se mettent à débattre :

O’Neill : « Oh non ! Il faut intervenir, mais sans s’aliéner l’agresseur, qui a probablement des raisons délicates et complexes pour agir ainsi ! »

De Martino : « Merci pour la leçon de morale cher Timothy, elle sera très utile dans quelques années, lorsque ce gamin se retrouvera devant la justice parce qu’on a été trop PUSILLANIME pour le sanctionner comme il le mérite ! »

Je grossis le trait, mais c’est peu ou prou ce qu’il se passe à chaque fois que je dois réagir rapidement. Mais cette engueulade intérieure me permet, parfois, de réussir une synthèse qui peut fonctionner. Il n’y aura pas de hurlement, donc. Mais pas non plus de gentillesse sirupeuse.

« Holà ! Cassez pas votre camarade, on en a encore besoin ! »

Le gamin se retourne, un peu interloqué de voir ce mec avec son T-shirt Sailor Moon le regarder en rigolant. Il se redresse, pas encore agressif. Ouf, cette fois-ci, c’est passé. Je me place entre sa victime et lui.

« Bon. On est d’accord que c’est de la violence, ça ?
– Ben oui mais…
– Suivez-moi pour m’expliquer, je dois aller prendre un café. »

Et pendant qu’il bafouille un truc plus ou moins crédible, je le conduis devant la vie scolaire.

« Va falloir qu’on en discute avec la CPE.
– Azy, j’ai rien fait, ça m’énerve ! »

Forcément la dénégation, la crise. Normal. Normal mais elle n’est pas arrivée au mauvais moment. Parce que cette fois-ci, les deux profs de dessin animé ont réussi à s’entendre correctement. Maintenant, on va pouvoir retourner dans le monde réel, il y aura entretien, discussion, sanction… La vie normale d’un collège.

D’O’Neill à De Martino, je ne cesse de me déplacer sur le spectre. Souvent trop d’un côté ou de l’autre. Je suis à la fois trop sévère et trop laxiste. Mais parfois, parfois, je parviens à faire collaborer ces deux-là, et leurs défauts additionnés créent des réactions correctes. Jusqu’à la prochaine fois.

Mercredi 11 septembre

« Vous êtes nouveau ici, hein ?
– Oui.
– Oh, mais, je vous l’ai déjà demandé. »

En effet. Ça fait trois fois que cette fille de cinquième que je n’ai pas en cours me pose la question, quand je la croise dans les couloirs. La question n’est pas anodine. Être nouveau, dans un établissement scolaire, ça n’est pas une position évidente, tant pour un élève que pour un membre de l’équipe enseignante. « Ils vont te tester », m’a dit J., au début de l’année. C’était évident. Tout établissement scolaire est un grand corps, et l’arrivée d’un organisme étranger déclenche toujours une inflammation. Cependant, dans mes souvenirs nébuleux de biologie, il existe des intrus capables de se faire passer pour des membres dudit organisme. C’est un peu l’impression que je me fais. Parce que des collèges comme celui de Renais, dans lequel j’enseigne cette année, j’en ai connu plusieurs. Et pour une fois, mes expériences passées sont transposables.

Ça tient à pas grand-chose.

Éviter de trop souvent hausser la voix ou de monter dans les tours face aux provocations de certains mômes. Montrer qu’on n’est pas dupe de leurs mensonges. Ne jamais menacer en vain, ne jamais omettre de faire quelque chose que l’on a promis. Ne pas avoir la punition trop facile, mais l’avoir implacable. Être capable de rire avec eux, sans jamais s’imposer dans leur univers. Une sorte de petit protocole, très précis, très délicat, que j’ai acquis notamment lors de ces six années passées à Grigny.

Je ne doute pas que le reste de l’année sera riche en difficultés. Mais lorsque je regarde ma persona de prof, le cuir déjà bien tanné, les cicatrices en montagnes, fleuves et rivières, je me dis que c’est possible. Que je pourrai traverser ce remplacement sans trop craindre pour mon psychisme et pouvoir m’occuper, m’occuper vraiment, des élèves.

C’est sans doute très prétentieux. Mais très réjouissant.

Mardi 10 septembre

Evilan a déjà trois mots dans son carnet et une retenue à venir, pour avoir séché un cours et avoir menti. Evilan fait des balayettes à ses camarades dans les couloirs, se moque des profs quand ils lui tournent le dos, Evilan hausse les épaules quand on tente de lui parler, Evilan se fout royalement de tout.
À en croire son passé scolaire, toutes les sanctions ont déjà été appliquées, dans une indifférence totale de sa part, à en croire ses parents, Evilan a déjà eu toutes les punitions possibles. Et il n’est qu’en sixième. Depuis à peine une semaine.

À ce stade, la vie d’Evilan n’est qu’une longue suite de rétorsions.

Bien entendu, ce genre de CV pousse les profs prétentieux et un peu naïfs, comme moi, à revêtir leurs plus beaux atours de chevaliers, pour tenter de le sauver. Le petit bonhomme est bloqué dans cette spirale de sanctions, il a besoin d’en être sauvé, extrait, pour faire briller la lumière intérieur qu’il renferme.

Sauf que chaque tentative se solde par un pied-de-nez métaphorique de sa part. Evilan rigole de toute tentative de lui tendre la main, de lui donner des responsabilité, de le considérer autrement que comme un môme ultra-pénible.

À peine une semaine, et Evilan pose déjà la question pénible, redoutable : que fait-on de ceux qui refusent de se repentir ? Ceux à propos on s’entend régulièrement dire : « Oui, ben s’il ne veut pas être là, il dégage. » Ceux dont on aimerait qu’ils ne soient pas là, ceux dont on veut se dé-ba-ra-sser.

La nullité de cette solution apparaît immédiatement : il n’existe pas de gouffre tout noir, d’oubli bien pratique, où l’on peut flanquer ceux et celles qui refusent de rentrer dans le rang. La solution face à un môme insupportable, on l’aimerait rapide, expéditive, exemplaire. Alors qu’elle sera, compliquée, brouillonne, complexe. Comme la réalité. L’immaturité et la méchanceté d’Evilan nous mettent, nous adultes, à notre envie d’être immatures et méchants. On aimerait qu’il en bave, aussi, il le mérite après tout.

Sauf que non.

Sauf qu’on doit espérer trouver une place pour chaque Evilan. Comme on en trouve pour tous ceux qui, oui, jouent le jeu, tentent de faire au mieux, paisiblement. Nous n’avons pas le luxe, quand nous travaillons avec des mômes, de trier. Parfois on voudrait. Ce serait paisible et épouvantable.

Comme tous les ans, on va chercher. Et tenter, de toutes nos, forces, de fabriquer une issue heureuse.

Lundi 9 septembre

En fait, j’aimerais que les choses aillent trop vite. J’ai déjà envie de pouvoir plaisanter avec eux. J’ai envie qu’on puisse se faire confiance, qu’on sache que nous engueuler ne servira à rien. J’ai envie de déjà être capable de lire les signes qui me disent si elle est prête à participer, qu’il est fatigué, j’ai envie, que déjà, ils connaissent les codes.

Je sais que nombres de collègues sont capables de faire du début de l’année un chouette moment. Pas moi. Je démarre lentement. J’ai toujours besoin que les premières semaines, les premiers mois, soient carrés, rigoureux, un peu chiants, oui. J’ai besoin de cette sécurité pour avoir le temps de les connaître, non seulement de retenir leurs noms et leurs visages, mais aussi pour comprendre ce qui les fait réagir. « Ce qui leur fait faire tic-tac », comme disent les anglais.

Être patient. Comme un jeu vidéo, qui vous fait passer par d’obligatoires mais ennuyeuses phases de tutoriel, avant de vous ouvrir toutes ses fonctionnalités. Mais les griller, c’est aussi un risque de se retrouver coincé, parce qu’on n’aura jamais appris à faire le double saut ou a manipuler le grappin plus tard dans l’aventure. Avec les cinquièmes, c’est pareil.

J’aimerais le leur dire, évidemment : « Vous allez voir, ça va être trop bien ! » Je ne le leur dirai évidemment pas. Un pas après l’autre. Ils ne me feront pas confiance si je ne suis pas capable de me l’accorder. Donc respirons. Et prenons le temps de nous apprivoiser mutuellement, ce qui nous attend, possiblement, c’est une année belle, douce et enrichissante.

Sûrement… Peut-être.

Samedi 7 septembre

L’un des aspects les plus déplaisants de ma personnalité – qui en comporte beaucoup – est ma propension à foutre des scories partout dans mon langage « tu sais… en fait ce que je veux dire… le truc c’est que… ». Et puis dire de la merde. Raconter des anecdotes débiles. J’use beaucoup trop le langage.

Sauf avec les élèves. Et surtout en début d’année.

Depuis quelques rentrée, je me rends compte à quel point ma façon de parler influe sur l’atmosphère qui règne dans la classe. Ça n’est pas juste le fait d’employer tel ou tel lexique, ou le ton. Non. Le choix des mots est infiniment important. Je tente de m’astreindre à parler clairement. Précisément. Une phrase, une information. Pas uniquement pour capter leur attention, qui nécessite d’être musclée tout au long du collège, mais aussi pour leur prouver – leur faire croire – que ma parole a du poids.
Dire uniquement ce qui importe. Éviter de multiplier les anecdotes, ou alors dans un contexte très précis. Dire ce que je fais et faire ce que je dis.

C’est assez terrifiant, en fait, et ça met une pression folle, les premières semaines. Mais comme le fait de vouvoyer les élèves m’a énormément apporté, cette précision à laquelle je m’astreins finit par porter ses fruits. Je ne suis crédible ni par mon attitude, ni par ma voix, ni par mes cours, je pense.

Alors il me reste la parole. Montrer aux élèves que les mots que je leur adresse sont précieux. Qu’ils importent. Et puis, au-delà de la construction d’une autorité quelconque, il y a une certitude, très prétentieuse. Celle que dans ce monde dans lequel le langage est abîmé et dévoyé, leur montrer qu’il peut encore être beau, et important, ça peut permettre de réparer.

Vendredi 6 septembre

Le minuscule visage de Lyvia est mangé par l’angoisse. Pas une partie qui ne soit épargnée, le sang tout entier concentré au front, les yeux qui coulent de grosses larmes d’enfant, la bouche qui tremble. Il s’agissait de lire un texte, même pas devant les autres, juste devant son professeur, pour les évaluations de début d’année.

« En plus ça va en français. » me confie-t-elle entre deux sanglots. Mais il n’empêche qu’elle a eu peur, très très peur. En ce vendredi de semaine de rentrée, le collège me rappelle qu’il est capable d’être le palais de toutes les terreurs, de la plus bénigne à la plus absolue. Et que les petits talismans que je brandis avec vanité en aménageant ma salle, en tentant de mettre les mômes en confiance, sont bien dérisoires.

On me dira que j’en fais trop. Sans doute, j’en fais trop. Mais comme se trouver dans un endroit laid huit heures par jour, devoir subir silencieusement des peurs irrationnelles dans un lieu censé nous apporter autonomie et émancipation risque de laisser des traces de bleus au psychisme. Quand bien même, le discours mille fois entendu de « tout le monde a vécu ça, on n’en meurt pas », me souffle comme d’habitude aux oreilles.

Je ne pourrai pas retirer son angoisse à Lyvia. Ce n’est d’ailleurs pas souhaitable. Nous ne vivons hélas pas dans un monde dans lequel il suffit de braquer une lampe de poche sur les démons pour qu’ils s’évanouissent en sifflant. Mais forger des armes, ça oui.

« Bon. On va s’entraîner, tout doucement, vous allez voir. Je vais réfléchir à des façons de vous aider. »

Elle hoche la tête, parce qu’en sixième, on hoche encore la tête quand son prof vous promet quelque chose. Et je décide donc d’examiner cette ombre qui sert la gorge de cette élève. De trouver le défaut dans la cuirasse. Parce que Lyvia a beau mesurer un mètre dix et chanceler sous le poids de son cartable, elle a elle aussi le droit d’être une guerrière.

Ou, sans imagerie gnan gnan, elle a juste le droit d’exorciser ce genre d’angoisse qui empoisonne.

Jeudi 5 septembre

La différenciation pédagogique.

Comme tellement de concepts au départ vertueux, le langage et les volontés politique ont eu tendance à transformer ces trois mots en un catéchisme exaspérant et vidé de sens. Pourtant, sa nécessité s’en fait sentir. Cette année plus que toutes les autres.
Parce que ça y est, j’ai rencontré toutes mes classes. Et l’écart est vertigineux.

Comme en cinquième Astronelle, dans laquelle certains mômes terminent le boulot que j’avais prévu en un quart du temps imparti, tandis que je découvre des élèves non lecteurs. Handicaps physiques, psychologiques, blocages mentaux, arrivés sur le sol français depuis quelques mois à peine. Avec, luxe inouï, quelques heures de présence d’un AESH, mais rien de plus. Comme toujours, l’inclusion, mais avec à peine plus de moyens que le système D.

Je n’ai pas encore pris la mesure de la classe, après moins d’une semaine, mon cours n’est pas adapté comme il faut. Mais hors de question de perdre les mômes, en cette deuxième heure. Il va falloir trouver quelque chose.

Fermer les poules.

C’est au début de l’extrait du texte que j’ai choisi pour illustrer que la famille, quand même, ça craint, des fois. Madame Lepic exige que ses enfants aillent « fermer les poules ».

Et ça laisse tout le monde perplexe. Ceux qui ne savent pas lire comme ceux à qui l’expression, clairement identifiée comme telle, échappe. « Évidemment, l’idée n’est pas que les poules ont une petite porte dont on sort les œufs le matin. » Gamins de la ville et encore bon public, ils se marrent un petit peu. Et on dépiaute l’expression. Ce qu’elle explique, ce qu’elle implique. Dans une poignée de mots, inattendus, tout le monde y trouve son compte. Je respire, un peu apaisé. J’ai réussi à ne pas en laisser sur le bord de la route. Pas maintenant, pas dès le début.

Et les ayant tous vus, ayant enfin pris la mesure de ce qui attend, je vais pouvoir réfléchir, adapter. « Individualiser. » Avec les trois bouts de ficelles dont je dispose, tenter de marcher avec tout le monde, sans voir quiconque sombrer dans les ténèbres.