
Journée parents. Balade et restaurants, confidences et cadeaux. Papa, maman, le fiston. Et au retour, dans le métro, cette question qui revient, rigolarde : “C’est à cause d’eux, que tu es prof ?”
Ça fait souvent rigoler mon père, “la parthénogenèse du corps enseignant”. Souvenir tenace. Comme cet autre : le bureau parental. Le parquet disparaît sous les grandes lettres appliquées tracées par ma mère, papier blanc cartonné. Mon père penché sur un Lagarde et Michard.
Fils de profs, parcours de fils de profs : lycée général, prépa. Et puis après un peu de tout. Ils n’ont jamais poussé, ni dans un sens ni dans l’autre. Mais revenir à l’enseignement, un CAPES accidentel en poche.
On est peu à avoir ce parcours, au Collège Ylisse. Les fils et filles de profs marchent de moins en moins souvent dans les pas de leurs parents.
Non. Ce n’est sans doute pas à cause d’eux que je suis prof. Mais grâce à eux que je suis ce prof-là.