Vendredi 22 avril

Dernier jour d’école ouverte. Petit déjeuner dehors pour les mômes, en compagnie des profs et de Cheffe Adjointe. Du coin de l’oeil, je repère E. E. est en 5ème : il n’y a aucune activité prévue pour ce niveau aujourd’hui. Il fait un foot alors que, une semaine plus tôt à peine, il marchait à grand-peine avec une béquille. Bizarre. Mais mes réserves d’empathie ont atteint leurs limites. Il n’y a plus de place dans ma tête pour une seule préoccupation d’élève.

On finit les révisions en assistant à la répétition générale d’un spectacle de la 6ème à option musique de Monsieur Vivi. Les mômes sont impressionnants de maîtrise, après 8 mois à peine dans cette classe. Absolument pas impressionnés par les grands troisièmes, ils s’éclatent. Les voix et les corps placés, du feu dans les yeux. Le public hallucine et n’ose pas respirer sans leur autorisation.

On sort manger un morceau entre profs, pour constater que les élèves artistes se font une bouffe dans la pizzeria du coin. Je me marre.

“Mon dieu, qu’est-ce que tu es en train de les faire devenir, dès la sixième ?”

Je fantasme un Glee à Ylisse. Comme l’a bien dit Monsieur Vivi, ces gamins n’auront pas les mêmes soucis que les autres. Et la différence est toujours positive, dans ce bahut.

Mais il est temps.

Temps de laisser tomber le masque, de prendre le RER. Temps de n’être l’espace de quelque jour, que le passager de vaisseaux spatiaux, le vent dans les cendres, le coureur apocalyptique.

Temps pour moi.

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