
Hier soir, T. théorise que, de temps en temps, on fasse lire à nos élèves de mauvais textes. De très mauvais textes. Juste histoire de mettre en perspective ce qu’on leur propose habituellement. Qu’ils comprennent que oui, Molière était loin d’être un guignol et qu’Hugo maniait pas trop mal le quatre couleurs.
Je rigole à l’idée. Et je me souviens. Que durant mon adolescence, j’étais totalement rebelle à toute considération stylistique. Une histoire était une histoire. Point.
Jusqu’au jour où j’achète au supermarché du coin Les liens d’Azur. Il y a de quoi faire rêver l’ado biberonné depuis le CE1 au Seigneur des Anneaux que je suis alors. : de la magie, une héroïne amnésique, un dragon ronchon…
Seulement voilà. Ça coince. Les phrases se traînent maladroitement, les dialogues sont grotesques, les descriptions d’une pauvreté infernale. Je comprends l’idée. Mais je n’y crois pas. Je peste : “Ça pourrait être si bien ! Il faudrait juste que ce soit… Que ce soit mieux écrit.”
La guerrière Alias vient de me faire découvrir qu’on peut porter une armure qui met les nénés en valeur l’importance du style.
Je me demande quelle gueule fera l’intendant quand je passerai ma prochaine commande de bouquins…