
Sur la place en bas de chez moi, ils ont installé une cabane en bois. Avec des fleurs, des posters qui expliquent que s’entraider, c’est chouette et que la ville, ça peut être bien.
Accolé à l’une des parois de bois clair, un meuble aux portes à demi-arrachées. On peut y mettre ce que l’on souhaite donner. En ce début de soirée, dépassent une cafetière, quelques vêtements et un train en plastique.
C’est là que je dépose les manuels obsolètes, dont je n’aurai pas besoin l’année prochaine, ceux qui prennent un brin trop de place dans l’appartement des Polly Pockets que j’occupe.
Et il y en a un paquet.
Pendant que je me bats pour tout faire rentrer, quelques personnes s’attroupent. Et spontanément, s’organisent en file d’attente. J’essaye de ne pas m’en rendre compte et je termine mon abandon, avant de tourner les talons.
Derrière moi :
“Regarde, chéri, ce sont des vrais manuels ! Avec les pages et tout ! Prends, prends vite !
– Attendez, vous pouvez nous laisser ceux de quatrième pour ma fille ?”
À Paris, les manuels scolaires sont donc une denrée précieuse. Bon à savoir.