
Comme à chaque fin d’année, je me réserve une friandise boulot : je bosse sur les cours de l’année prochaine.
Aaah les cours de l’année prochaine. Ils sentent encore bon le propre et les bonnes intentions. Ils sont préparés au cordeau, minutés, comme quand on commence dans le métier (au fait, si vous n’êtes pas un monstre d’organisation ou devant des classes méga-choupinettes, évitez ledit minutage, au mieux ça fait rire, au pire ça fait déprimer).
Les cours de l’année prochaine, qui ne se sont pas encore confrontés au crash-test des classes que l’on découvrira en septembre. Chacune avec ses individualités, ses forces et ses faiblesses. Avec A., qui peine encore à saisir le sens global d’un texte, avec T. et ses lacunes monstrueuses en orthographe. Avec B. qui n’a pas passé une bonne journée s’il n’a pas rapproché l’un de ses profs de la crise d’anévrisme.
Et du violent choc entre ces cours idéaux, préparés par un enseignant qui s’éclate tout seul à son bureau et de ce même enseignant, transpirant devant des classes pas toujours réceptives, naît ce truc indéfinissable qui s’appelle enseigner.