Dimanche 27 octobre

Et le dimanche on s’évade.

Peut-être faut-il être un peu naïf pour éprouver encore autant d’attachement à l’oeuvre d’Alexandre Dumas. Ou peut-être encore un peu ado. Ou peut-être faut-il l’avoir découvert au bon moment. Ce qui a été mon cas.

Dumas, plus que beaucoup d’auteur français, souffre du syndrome du “déjà-connu”. Dumas ? Les romans de cape et d’épée, le fantaisiste de l’Histoire, le littérateur facile.

Il y a de tout cela dans Les Trois Mousquetaires. Mais il y a beaucoup plus. Car enfin, si l’on débarrasse les aventures de D’Artagnan de ses oripeaux – Paris sous Louis XIII, la course aux diamants, le méchant cardinal – que reste-t-il ? Encore une fois, une histoire de solitude. Quatre êtres totalement inadaptés qui parviendront, dans une situation totalement anormale, à créer une petite communauté. Athos, Porthos et Aramis sont, chacun à leur façon, des monstres. De par leur histoire, leur physique ou leur tempérament. Ils n’arrivent à coexister que par l’innocence – la niaiserie ? – d’un nobliau de province. 

La solitude, c’est celle d’Anne d’Autriche, enfermée dans une tour et, telle Guenièvre, condamnée à la fidélité envers un homme qu’elle n’aime pas.

La solitude, c’est aussi et surtout, celle de Milady, espionne du cardinal, manipulant les hommes avec génie. Et ce sont sans doute les plus belles pages du roman, qui décrivent ses stratagèmes. Alexandre Dumas jubile lorsque la criminelle déjoue les pièges balourds de ses poursuivants.

Les Trois Mousquetaires est un livre foutraque. Une fresque historique, un roman d’aventures, une histoire d’amitié, un thriller. Il se déploie et se disperse de tous côtés, c’est un livre-monde, un livre qui enveloppe et qui rassure. Un livre qui revendique une fonction peu courue mais essentielle de la littérature : soigner et faire du bien.

Ce roman n’a plus pour moi le lustre qu’il a pu revêtir quand j’étais ado. Mais je lui suis reconnaissant des moments passés ensemble, des frissons et des sourires. C’est un livre que je ferai lire à mes enfants, afin qu’ils parcourent avec joie, je l’espère, cette grande demeure de vacance bâtie par l’oncle Alexandre Dumas. Et qu’ils agitent leurs épées, sous la chaleur d’un soleil d’après-midi.

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