
Je change d’établissement à chaque fois que l’acteur qui joue Doctor Who change. Je l’ai déjà dit.
C’est une coquetterie, mais pas seulement. C’est essentiel.
Changer d’établissement à intervalles plus ou moins réguliers. Et comme le Docteur, se régénérer. D’un bahut à l’autre être au fond le même, en apparence et en comportement un autre. C’est mon secret. C’est comme ça qu’au fond, je garde l’envie.
En me faisant peur. En me disant qu’il suffit de rien pour que je doive quitter un collège dans lequel je m’éclate, j’ai lié des liens forts, et puissants. En refusant l’immobilisme, le confort. Et en me demandant à chaque fois s’il existera un projet, une personne assez puissante pour m’en empêcher.
Peut-être est-ce aussi quelque chose que je recommanderais à des collègues débutants imaginaires : tant qu’on en a la force, et l’énergie, bouger, changer d’établissements. C’est comme ça qu’on apprend, qu’on engrange des expérience, et que l’on cesse d’avoir peur. Parce que la peur, ça paralyse. Comme E. E. qui travaille dans mon ancien bahut depuis plus de dix ans. Qui se fait bordéliser par toutes ses classes, qui a la possibilité de muter dans l’établissement de son choix, mais qui reste parce que “on sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on trouve.”
Je préfère ne pas savoir. Tous les trois, quatre, cinq ans, suivant les desiderata d’un acteur britannique, je m’en vais, à la découverte d’un autre bahut, d’une autre partie de moi-même.
Je me régénère.