
“Ça sent la fin de l’année.
– Pas assez à mon goût.”
J’entends ce dialogue presque tous les ans depuis que je suis prof. Les deux répliques ont autant de sens l’une que l’autre.
Ça sent la fin de l’année. Les conseils de classes qui défilent – bulletins à remplir, appréciations. Des élèves qui, déjà disparaissent. Disparue Amidala et son sale caractère. S. et ses allures de femme. Des cahiers qui se terminent “Monsieeeeur, je fais comment pour écrire mon cours ?” Et surtout, pour moi, le moment où j’ouvre grand les fenêtres et les portes pour créer le courant d’air qui nous permet à tous de ne pas suffoquer.
Pas assez. Il reste encore un mois. Et mentalement, tout le monde est déjà prêt à passer à quelque chose. Vacances, mutations, nouvelles classes. C’est comme une interminable attente sur les starting-blocks et le coup de pistolet marquant le départ qui ne résonne jamais. Alors il faut continuer. À faire du bouche-à-bouche à la vieille année toute usée, préparer avec sérieux les dernières échéances.
En juin, l’année n’en finit pas de finir.