Et le dimanche, on s’évade.
Les enfants, j’ai vu un mauvais film. Un très très mauvais film. Et j’ai super envie d’en parler. Alors oui, un talentueux blogueur fait ça mille fois mieux que moi… Mais nous dirons que, cette fois, ce sera mon hommage à son travail.
Cher lecteur, si tu as donc envie d’aller voir Seven Sisters, fuit ces lieux… Sinon, attrape donc un seau de pop corn périmé, c’est parti !

Seven Sisters commence donc avec un gros problème : Noomie Rapace la surpopulation. La Terre est pleine comme moi un vendredi soir, et on finit par se marcher sur les pieds. Du coup, tout le monde est un peu chinchin, même Trump se rend compte qu’il va falloir arrêter de maltraiter la planète – c’est vous dire l’ampleur du désastre – mais on ne sait pas trop comment.
Mais oui bien sûr ! Les OGM ! Grâce à tout un tas de gentils scientifiques, on parvient à refaire pousser des légumes nutritifs qui permettent de mettre fin à la famine mais qui ont le léger inconvénient de foutre un peu le bazar dans le génome humain, faisant naître des bébés à trois jambes, deux têtes, ou même fans de Taylor Swift. Face à ce problème, Glenn Close, qui joue random méchante scientifique 1938013 décide qu’à partir de maintenant, ça suffit les conneries, on fait un bébé par couple, ça bouffera moins et on ne gardera que ceux qui sont réussis. Et si par accident vous en faîtes un deuxième ? Oh bah c’est pas grave, de gentils hommes en noirs les amèneront dans une ferme dans un centre où on les mettra en sommeil cryogénique jusqu’à ce que la situation s’arrange. Genre que des extra terrestres nous apportent le secret de l’énergie renouvelable ou que Dragon Ball Super ait une intrigue solide. Autrement dit pas demain.
C’est dans ce contexte pas folichon que, dans un hôpital clandestin, naissent sept petites filles. La maman ne survit pas à l’accouchement, on ne connaît pas le père, autant dit que c’est mal parti pour elles. Heureusement, Papi est là pour les prendre sous son aile et les soustraire au méchant CAB, l’organisation qui congèle les mômes, façon glaçon de Martinis.
“Comment allez vous les appeler ? demande le chirurgien beau gosse qui les a accouché (et que c’est un scandale esthétique qu’on ne le voit pas davantage)
– Hmmm… Elles sont sept…”
Et là, je prie avec ferveur : “Pitié appelle-les comme les sept nains, pitié appelle-les comme les sept nains…”
“… Je les appellerai donc comme les jours de la semaine !”
Malédiction.
Le toubib en reste trop baba pour appeler les services sociaux et Papi ramène donc les moutardes chez lui. Le temps passe et les septuplés grandissent sous une seule et même identité, Karen, employée dans une grande banque internationale. Super idée, les filles. J’aurais cherché à éviter le monde je serais devenu, je sais pas, bûcheron au fin-fond de la cambrousse, plutôt que responsable d’une organisation hypra surveillée. Mais passons. Cette persona de Karen est donc composée de
– Prof : qui est la sérieuse bosseuse du groupe.
– Atchoum : qui… euh… Se drogue et c’est à peu près tout ce que l’on sait d’elle.
– Simplette : qui aime soulever de la fonte et pas grand-chose d’autre.
– Grincheuse : qui a les cheveux courts et un sale caractère.
– Timide : la geek du groupe parce qu’il faut bien quelqu’un pour mettre à jour les iphone et qui porte un bonnet ET des lunettes, histoire qu’on pige bien que c’est l’asociale.
– Joyeuse : qui est le pire cosplay de Marylin Monroe.
– Dormeuse : qui n’a aucun intérêt.
Chacune a le droit de sortir un jour précis de la semaine, histoire d’éviter de se faire gauler par les contrôles d’identités qui fleurissent un peu partout. Mais voilà-t-y pas qu’un jour, Prof disparaît à la fin d’une journée de boulot, juste après s’être fait draguer par un flic que nous appellerons Jean-Ricardo, avoir obtenu une promotion (et vomit dans les toilettes alors qu’elle jure que “Non non, elle n’a rien, c’est rien, c’est rien je vous diiiiis !”). Une journée bien remplie, donc.
Les six autres s’inquiètent, surtout Grincheuse mais elle ne le montre pas parce qu’elle cache son coeur d’or sous des dehors désagréables. Tout ça parce qu’un jour, elle s’est par désobéissance coupée une phalange, ce qui a forcé son Papi à amputer ses six soeurs avec BEAUCOUP trop d’enthousiasme et un hachoir apparemment gardé pour l’occasion.
Le lendemain, c’est au tour d’Atchoum-la-droguée (qui mange un GÂTEAU À LA DROGUE que ces sales jeunes appellent space cake dès le matin) d’aller bosser et, incidemment, de chercher sa soeur, ce qu’elle fait avec une subtilité digne de l’industrieux Ulysse.
“Dis donc, ma collègue préférée, tu te rappelles de ce que j’ai fait hier soir ?”
“Dis donc, barmaid que je connais depuis super longtemps, tu sais avec qui je parlais l’autre jour ?”
Il faut croire que les OGM ont sacrément ramolli la cervelle de l’humanité, parce que personne ne semble s’étonner de ces questions. Atchoum parvient à apprendre que Prof s’était engueulée avec Wilfried-Wenceslas, qui briguait sa promotion, avant sa disparition. Elle transmet l’info à ses soeurs avant de se faire capturer par de vilains hommes en noir qui l’amènent devant Grande Méchante Scientifique Close. Je tiens à dire que la technologie de ce monde me laisse rêveur. On est incapable de mettre au point un contraceptif efficace mais par contre, en trente ans, Grande Méchante Scientifique n’a pas pris une ride. Une grève sauvage du syndicat des maquilleurs sans doute. Toujours est-il qu’elle révèle à Atchoum que le secret des septuplés est éventé, et que bientôt, ahahah, ses soeurs connaîtront elles aussi un destin funeste. Elle la laisse aux mains de tout un tas de vilains patibulaires armés de couteau mais pleure un peu quand même parce qu’elle fait ça pour le bien de l’humanité (mais pas du scénario apparemment).
Retour à l’appart des filles, qui se fait rapidement assiéger par un commando de méchants très méchants mais assez laids, qui n’ont donc aucune chance. Ils entrent en se servant d’un oeil arraché à Atchoum pour le scan rétinien (au moins c’est efficace). Les filles parviennent à les mettre en déroute, dans une scène qui n’est pas sans rappeler Maman, j’ai raté l’avion, pour les plus de dix huit ans, nos héroïnes les mettant en déroute au moyen de fers à repasser, frigos et couteaux de cuisine. Hélas, trois fois hélas, Dormeuse trépasse dans la bataille. Repose en paix Dormeuse, toi et ton développement de personnage inexistant.
Grande Méchante Scientifique se rend compte que les choses vont être plus difficiles que prévu pour anéantir ces empêcheuses de stériliser en rond et décide donc de passer à la vitesse supérieure :
“Mon fidèle Gommeux, venez donc ! Repartez avec un commando anéantir ces vilaines !
– D’accord Cheffe ! Mais sinon, on ne pourrait pas avertir la police vu qu’on a beaucoup d’influence, et les faire capturer ? Elles nous ont déjà quand même pas mal poutrés, là…
– Vous n’y pensez pas, Gommeux ! Si on apprenait que des septuplés ont survécu, tout le monde il se moquerait de moi, et peut-être même qu’on dirait que je suis pas fûte-fûte ! Alors on reste discret, et on envoie en plein jours de petits commandos armés lourdement avec des bombes.
– …
– Exécution, Gommeux !”
Pendant ce temps, c’est au tour de Simplette de passer à l’action. En effet, histoire de préserver encore un peu leur couverture (qui fait plutôt plaid bouffé aux mites qu’armure, en ce moment), les survivantes ont décidé de continuer à agir comme d’habitude. Simplette part donc tirer les vers du nez à ce méchant Wilfried-Wenceslas qui, sous la menace d’une arme, avoue qu’il faisait chanter Prof au sujet d’un contrat qu’elle aurait passé avec Grande Méchante Scientifique, dans lequel elle lui promettait un max de thunes pour sa future campagne électorale (oui, parce qu’elle veut aussi être présidente ou grand vizir, ou je sais pas quoi). Suite à ça, Wilfried-Wenceslas est abattu par les hommes de Gommeux et Simplette doit s’enfuir.
“Les filles, j’ai besoin d’une échappatoire, là.
– Saute par la fenêtre, il y a une benne à ordures qui amortira ta chute.”
SHBANG !
“AILLEUH ELLE ÉTAIT VIDE !
– Ahah mdr la lose. Allez cours, tu vas te faire trucider sinon.
– Mais vous êtes des radasses ! Par où je vais ?
– Attends lol, on sonne à la porte débrouille-toi.”
Simplette regrette amèrement le jour ou elle a prêté son Château Petit Poney aux sombres fumistes qui se font passer pour ses soeurs et a la bonne idée de fuir par les bas-quartiers de la ville. Bien lui en prend, car l’endroit est truffé de gens qui, visiblement, passent leur vie à attendre que passent des mecs en uniforme pour leur balancer à la tronche divers projectiles (pierres, ustensiles, poubelles en feu. Oui oui.)
Et qui sonne donc à l’appartement des soeurettes me demanderez-vous ? Eh bien Jean-Ricardo. Joyeuse se dévoue pour lui ouvrir et ce gros dégueulasse a à peine passé la porte qu’il commence à la tripoter puis à l’étrangler sous prétexte qu’apparemment, elle aime ça. Elle parvient à se dégager de ses attouchements et part débriefer les deux soeurs restantes, Grincheuse et Timide.
“Nan mais t’as couché avec lui ?
– Mais… Mais NON !
– Allez, t’es blonde, tu t’habilles léger, avoue que tu cherches aussi !
– Si ces mecs en noir ne vous tuent pas, je vous jure que je m’en charge avant la fin du film.
– Oui oui, ben du coup, tu vas chez lui, tu le laisses faire ce qu’il veut, et tu t’arranges pour savoir avec laquelle de nous il sortait.”
Joyeuse étouffe une solide bordée de jurons et s’exécute. Pendant ce temps, Grincheuse et Timide se rendent compte qu’elles ont un tout petit peu oublié Simplette qui essaye d’échapper à ses poursuivants en sautant d’un toit. Hélas, elle est abattue par Gommeux. On est triste mais pas trop, après tout Simplette était assez débile pour sauter dans une benne vide. Et voilà-t’y-pas que Joyeuse découvre que Jean-Ricardo était en couple avec Prof depuis un moment. Hmm hmm, mais qu’est-ce que cela veut bien dire, se demande-t-elle, tandis que la salle hurle la réponse en espérant que les trois survivantes cessent d’être coconnes.
Ah, pardon, les deux, parce que Joyeuse ayant terminé de servir son rôle, elle se fait descendre par Gommeux ou son assistante ou je sais pas qui, ils se ressemblent tous.
Les choses ne s’arrêtent pas là, l’appartement des soeurs est ENCORE attaqué.
“Grincheuse, fuis, je vais les retenir en mettant des bombes aérosol dans le micro-onde !
– Bonne idée, mais tu sais, si tu règles la minuterie, tu as large le temps de t’en sortir.
– Ah merde ! Euh… Oui mais en fait euh, je suis tristeuh d’avoir perdu toutes mes soeurs, je préfère mourir.
– C’est pas un peu extrême ?”
BOUM.
Bon.
Ne reste plus que Grincheuse. Qui peut désormais accéder à l’Intranet de Grande Méchante Scientifique grâce aux talents de hackeuse de Timide et du mot de passe Wifi de Jean-Ricardo que Joyeuse lui avait subtilisé. Je sais pas qui est l’administrateur système, mais je pense qu’il faudrait en changer.
Et la voilà qui découvre, dans une cellule du Donjon Final (l’Usine à cryogéniser les nenfants) une personne qu’elle identifie comme Prof ! Prof est vivante !
Sur ces entrefaites, arrive Jean-Ricardo, par les explosions attiré (comme la moitié de la ville, à nouveau, palme de la discrétion). Découvrant le cadavre de Timide, il est anéanti. “Heureusement”, Grincheuse le prend en otage et lui explique la situation. Jean-Ricardo mobilisant toutes ses capacités intellectuelles parvient à comprendre ce qu’il se passe et à ne pas essayer de peloter Grincheuse. Celle-ci prend la place de Timide dans le sac à cadavre qu’on amène dans l’Usine à cryogéniser (ne me demandez pas pourquoi).
Une fois infiltrée là-bas, elle découvre, oh là là, qu’en fait, on ne cryogénise pas DU TOUT les enfants, mais qu’on les brûle ! Indignée par cette insulte à la vie et au thermostat, elle fait un barbecue de la vilaine infirmière en charge des opérations et part à la recherche de sa soeur, accompagné du fidèle Jean-Ricardo, tout heureux à l’idée de retrouver sa copine Prof. Et ça tombe bien, car dans cette usine, les cellules n’ont pas de serrure. Ils trouvent donc sans souci la pièce recherchée… Mais rebondissement ! En fait, c’est Atchoum-la-droguée qui était retenue prisonnière, elle s’est juste fait arracher un oeil ! Tout va bien !
Grincheuse décide en dernier recours de s’infiltrer dans la soirée que tient Grande Méchante Scientifique pour le lancement de sa campagne et de projeter sur les écrans géants de la soirée les photos du profil Tindr de la vilaine les images de crémation de mômes, avec l’aide d’Atchoum et de Jean-Ricardo.
Mais alors qu’elle passe aux toilettes avant ça pour un petit pipi (les émotions, ça énerve la vessie), elle tombe sur… Prof, bien vivante ! Qui a trahi ses soeurs en collaborant avec Grande Méchante Scientifique pour devenir la seule Karen. Les deux soeurs se battent à grands coups de “Je vais te buter grognasse !” Et de “Tu vas payer d’avoir triché à Téléphone Secret à Noël, Antonio était à MOI !”
Finalement, Grincheuse triomphe, blessant mortellement Prof, qui lui apprend en expirant qu’elle était enceinte de jumeaux et que c’est pour ça qu’elle a condamné ses six soeurs à mort. Grincheuse comprend (c’est chouette parce que moi, pas du tout) et pardonne. Le reste du plan se déroule comme prévu et tout le monde découvre l’atroce vérité (et se rend compte aussi que personne n’avait pensé à demander OU se trouvaient les enfants cryogénisés, et ce depuis trente ans).
Grincheuse, Atchoum et Jean-Ricardo (qui sortent ensemble, désormais, la peine de Jean-Ricardo d’avoir perdu la mère de ses enfants ayant duré le temps qu’Atchoum reçoive une prothèse d’oeil) se retrouvent devant une matrice artificielle qui permettra aux jumeaux de Prof de naître.
Tout est bien qui finit bien, le problème de la surpopulation ne sera pas réglé, on continue à bouffer des OGM, cinq des sept soeurs sont mortes, mais au moins, ce film est fi-ni !