
Il y a certains moments qui ne changent jamais, dans la vie du collège : l’après conseil de classe du deuxième trimestre en troisième en est un.
Une sorte d’accord tacite semble être passé entre les mômes. Il y a ceux qui décident de continuer et ceux qui arrêtent. Non pas qu’ils renoncent, ou quoi que ce soit. Mais ce que l’on a dit en conseil de classe leur suffit. L’orientation qu’ils visent ne nécessite pas davantage d’ambition ou de travail, alors arrêtons-nous là. L’extrême minimum des efforts sera fait : les devoirs notés rendus, les absences pas trop nombreuses.
Mais ils s’évaporent. Des bavardages très discrets, sans aucune agressivité, du matériel régulièrement oublié et des heures de retenue effectuées presque de bonne grâce. Pendant que les autres travaillent, certains deviennent des élèves nuages. Alors bien sûr, ça a quelque chose de reposant, de rassurant, même de ne plus se retrouver en situation de conflit avec ces mômes. Jusque là, on était l’adulte, on savait, on pouvait les faire douter, exiger qu’ils apprennent, qu’ils participent.
Plus maintenant. Ils dérivent lentement, et, l’année s’avançant, on n’a plus l’envie de les rattraper… Il reste tant à faire avec ceux qui ont décidé qu’ils avaient besoin du collège !
Mais comment les redensifier, ces élèves évanescents ?