Jeudi 31 mai

Pour la première fois depuis j’ignore quand, journée sans modification d’emploi du temps, sans cours déplacé ou annulé, sans sortie, sans rien d’exceptionnel.

Début de l’étude de La peste, avec les troisième Tardis. J’augmente le rythme, je leur parle comme – supposé-je – on parle à des lycéens. Certains mômes semblent soulagés. Forcément. Ils sont nombreux, dans cette classe, à avoir hâte de déployer leurs ailes, la cage du collège leur est trop petite. Le changement, bientôt.

Cours avec les cinquième Glee. Molière. Texte, questions. Nous nous regardons, tous un peu étonnés de nous trouver là. À essayer de comprendre le français du XVIIe, à souligner des mots en rouge. Mais soulagement, de beaucoup d’entre eux aussi. D’être sortis de cette exaltante folie qu’étaient Les cités aveugles. En cette fin d’année, pour ce dernier mois, je serai leur prof de français, presque uniquement. Le changement, bientôt.

Réunion sur l’accompagnement des élèves entre le collège et le lycée. Comment faire pour les préparer au mieux, pour qu’ils ne se cassent pas la figure ni ne se révoltent ? Assurer un suivi, quelques cours supplémentaires, dans leur lycée ou chez nous. Le changement, bientôt.

C’est dans l’air. Il reste tant à dire et pourtant, déjà, le livre se ferme. Les cours se déploient dans un espace différent. Toujours étranger.

Il s’agit, pendant un mois, de flotter.

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