
“J’ai l’impression qu’elle, qu’il se cherche, non ?”
Je l’entends souvent, cette phrase, prononcée par des collègues. Et au début, ça m’a mis mal à l’aise. Énervé, presque.
“Quoi ? Tu pense qu’elle est lesbienne parce qu’elle est brut de décoffrage, qu’il est homo parce qu’il est efféminé, et tu demandes conseil à un collègue qui l’est aussi, c’est ça ? Pourquoi tu le dis pas directement ?”
Non. Mon côté connard n’est quand même pas à ce point-là.
“J’ai peur qu’il soit gay parce qu’il est efféminé. Je sais que c’est cliché, mais je n’ai pas envie d’ignorer une situation potentiellement difficile, parce que je suppose que c’est pas drôle, d’être gay au collège. C’était comment pour toi ?”
C’est ça, en fait qu’on trouve derrière ce verbe. Se chercher. Et comme pour les élèves dyslexiques, à haut potentiel, dyspraxiques, hyper dynamiques ou non francophones, personne ne nous a expliqué comment les accompagner. Veiller sur eux. Ni le mal ou le bien qu’on peut faire.
Mais vous savez quoi ? J’en sais rien. Moi le gaydar, j’en n’ai pas, c’est pour moi un truc imaginaire, comme le père Noël ou un gouvernement concerné par l’écologie. Le seul truc à faire, c’est comme avec tous les autres. Être là. Les valoriser, pour ce qu’ils sont. Leur faire une place dans le groupe. Trouver du temps pour les regarder. Vraiment.
Être profs, quoi.