
Les jours de vide entre Noël et le jour de l’An continuent à se dérouler. C’est à peu près le seul moment de l’année où je parviens à bosser régulièrement sur mes cours et corrections de copies, mon rythme de travail ressemblant, habituellement, au rythme cardiaque d’un émotif de bon goût qui zapperait entre une représentation de la Flûte Enchantée, le dernier Vendredi 13, une émission sur Yourcenar et Cyril Hanouna. Autrement dit c’est n’importe quoi.
Ce n’est pas faute d’essayer de m’organiser. Toute modestie bue, j’affirme haut et fort que je suis nettement plus organisé aujourd’hui qu’en début de carrière. Et que, dans un monde idéal, mes moments de travail hors cours (et oui, je suis terriblement gêné d’alimenter cette légende urbaine comme quoi les profs bossent chez eux, alors que tout le monde sait qu’ils dépensent leurs salaires princiers en daïkiri banane et en auteurs de poésie obscure. Et cette parenthèse est trop longue), dans un monde idéal, donc, mon travail hors cours se déroulerait avec régularité : je sais anticiper les périodes plus intenses, telles que les semaines de conseils de classe ou d’évaluations intensives, ainsi que les moments de calme.
Mais il y a tout le reste.
Une classe qui explose totalement. Un élève qui a un besoin urgent d’aide, un projet apparemment simple qui prend une ampleur imprévu. Des réunions qui s’éternisent, des situations de crise.
C’est sans doute là ce qui m’épuise le plus dans ce boulot : il ne s’agit pas d’un marathon, mais d’une série de sprints, parfois extrêmement rapprochés. Et à gérer l’urgence, en permanence, il devient difficile d’assurer le quotidien.
Et même après tout ce temps, je n’ai pas trouvé la recette.