Jeudi 27 décembre

Dernier jour de vacances familiales. J’ai un taux de gras, de sel et de sucre dans le sang qui rendrait un vampire diabétique, et je me suis fait cocooner comme ça n’était pas permis. Par ma mère notamment.

Ma mère, dont c’est la dernière année dans l’Éducation Nationale. Trente-six ans et des brouettes de bons et loyaux services. Et, à la fin de son parcours, une immense fatigue, qui recouvre tout le reste de tout ce qu’elle a pu accomplir. Peut-être d’ici quelques années, le bon refera surface. Mais pour le moment, Mme Samovar mère, elle compte les mois. Les semaines. Lorsque je repense à elle, ce qui me frappe avant tout, c’est le sens qu’elle a mis dans sa profession. Des classes de primaire dans lesquelles elle a commencé à ses sections de SEGPA. Des grandes affiches recouvertes de lettres rondes à ses projets artistiques multimédia.

Je me demande souvent, en particulier depuis que j’ai reçu mon premier décompte de retraite (brrrr !) à quoi je ressemblerai, la dernière année avant ma retraite, si tant est que le concept existe encore d’ici là (et même dans mes moments d’optimisme les plus délirants, je dois avouer que j’ai du mal à l’envisager.)

Tant d’années, encore à se créer un chemin, dans ce que l’on appelle pompeusement “vie professionnelle”. A espérer, moi aussi, du sens.

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