Samedi 26 janvier

Je me retrouve donc, en ce ravissant samedi matin, en compagnie de mes collègues, dans un réfectoire glacial, à rattraper l’une des demi-journées de solidarité, rebaptisée, suite à un malencontreux pétage de plombs devant mon principal adjoint “journée de solidarité de mon cul sur la commode.”

Chaque équipe de profs discute pour préparer l’année prochaine. On négocie sur des projets, envisage tout un tas de scénarios. Nous créons des demi-groupes, proposons des travaux communs… Et terminons par une restitution orale devant nos compagnons d’infortune.

En lisant le compte-rendu de l’équipe de français, une impression étrange me saisit. Que je mets d’abord sur le compte de mon état de fatigue, mon cerveau ne comprenant toujours pas ce que je fais à Ylisse un samedi matin, moment auquel, habituellement, je bouquine, je cours après mes lapins ou je me bats au nom de la Dame Noire (ou parfois les trois en même temps, je suis très multitâche dès qu’il s’agit de choses inutiles).

Et puis je me rends compte.

Notre projet est, dans sa quasi-totalité, le même que celui que j’ai connu en arrivant à Ylisse, il y a cinq ans de cela. Nous venons de passer quatre heures à discuter pour mettre en place une façon d’enseigner qu’on nous a demandé de totalement modifier il y a plusieurs années. J’étouffe un rire hystérique dans une grande bouchée de galette des rois.

C’est pourtant vrai qu’il faut que tout change pour que rien ne change…

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