
Journée d’évaluations communes.
Je surveille les quatrièmes Alakhazam et les baies vitrées me permettent de distinguer les quatrièmes Bulbizarres qui composent, à quelques mètres de fenêtres et d’air.
Je crains en général beaucoup les évaluations communes. Il s’agit toujours d’un moment difficile, durant lequel les mômes renâclent et protestent : d’abord face à la longueur de l’épreuve (deux heures, ça n’est pas rien lorsque c’est la première fois), et puis parce qu’ils ont affaire à un sujet qui n’a pas forcément été écrit par leur professeur. Du coup, les phrases, les consignes, le vocabulaire change. Et ça crée des mini-drames, entre celui qui ne comprend pas que les questions ne sont pas écrites en italiques et celle qui ne s’y retrouve plus, parce que les questions de grammaire et de compréhension ne sont plus aux places habituelles.
Contrairement à jeudi dernier, où les deux classes avaient eu des réactions totalement différentes, aujourd’hui, ils ont tous le nez penchés sur la feuille.
Et se battent.
Parce que je vois que ce n’est pas facile. Beaucoup luttent avec le texte – un extrait de Matteo Falcone – peinent à rédiger ou à trouver comment justifier. Mais, à une exception près, ils ne lâchent pas leur stylo, à cacher leurs têtes dans leur bras ou à commencer à réaliser d’improbables constructions avec le contenu de leurs trousses. Ils écrivent.
Et j’y vois non seulement le succès de leurs volonté mais aussi l’inlassable boulot de tous leurs profs jusqu’ici. Il y a quelque chose de construit, dans ces classes de quatrième, un niveau réputé comme chaotique, et compliqué.
J’y repense lors du conseil de classe des troisièmes Bazoukan. Nous évoquons toujours les mêmes difficultés, celles que les élèves ont acquises durant le collège, et dont nous ne parvenons pas à les défaire.
Je croise les doigts pour que ces vaillants petits guerriers de quatrième soient épargnés. Les doigts serrés sur leur stylo, ils me semblent tellement le mériter.