Lundi 20 mai

Évaluations communes d’Histoire-Géo pour les quatrièmes aujourd’hui : je surveilles quatrièmes Alakhazam.

Et c’est inquiétant : dans les dix premières minutes, six élèves posent leur stylo et mettent la tête dans les mains. Je passe le plus clair de l’heure à aller de l’un à l’autre. Je me retrouve dans cette situation que je déteste : les supplier d’essayer. Je bataille contre des arguments, balancés avec une absence d’intérêt total : “Je n’ai pas révisé.” ; “Je suis fatigué.” ; “C’est pas intéressant.”

Ils sont en quatrième et ont déjà renoncé, lors de cette épreuve qui, ils le savent, s’apparente à celle du brevet. Ils ont renoncé pour multiples raisons. Et je me dis que cette pulsion de vide doit être immense pour préférer, au fait d’écrire, l’ennui de deux heures passées à ne rien faire. Gamin c’était toujours ce qui finissait par me faire essayer aux contrôles, mêmes ceux que je n’avais pas préparés : rester à attendre pendant plus d’un quart d’heure m’était physiquement impossible.

Ils sont en quatrième et baissent les bras. Mes mots sont sans puissance, ce n’est pas maintenant que je peux faire quoi que ce soit. Mais dès demain il va falloir y aller, et souffler sur les braises de l’envie, en espérant qu’elles brillent encore un peu.

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