
Si je mets bout à bout mes heures de cours consécutives du lundi, mardi et mercredi, je passerai la coquette durée de 18 heures avec la classe dont je suis professeur principal. C’est beaucoup. Trop, peut-être.
Mais, brutalement, ça me frappe. Tout ce temps a enfin dissipé un nuage gris plomb, vieux de onze ans, et encore plus.
Je ne veux plus être apprécié par mes élèves. Je ne veux plus, que quand commence l’année, commence une folle passion ou un histoire exceptionnelle.
J’aimerais, si j’en ai à nouveau la chance, qu’il se reproduise ce que j’ai vécu avec les troisièmes Glee : construire.
Construire une relation unique, qui ne ressemblera à aucune autre que j’ai créée avec des élèves les années précédentes, et qui jamais plus n’adviendra. Ces lignes, que j’ai dessinées sur le sable, avec les troisièmes Glee, sont faites de la rigueur que je me suis astreint à leur donner, des quelques moments de joyeux n’importe quoi qu’ont été d’autres cours. Elles sont le très peu d’engueulades, le beaucoup de remontrances. Elles sont cette étrange maladresse : je ne les aurais jamais vraiment compris, ni eux moi, mais nous auront construit une relation prof-élève de qualité.
Et comme chaque, année, le reflux effacera cette alchimie. Je ne chercherai plus à la reproduire. Ce n’est ni possible, ni enviable.
C’est au terme de cette année, que je découvre un nouveau pan de ce boulot, celui de ma relation aux classes, aux mômes : toujours espérer le nouveau.