Lundi 21 octobre

À Ylisse, où j’enseigne, le voile est présent partout. Dans la gare où je m’arrête, dans le parking que je traverse, aux abords du collège. Je recroise parfois d’anciennes élèves qui le portent. Et d’autres non.

Je n’ai pas d’avis sur la question. Ou plutôt mon avis n’importe pas, il n’est ni assez informé ni assez réfléchi pour avoir quelconque valeur.

Mais j’ai une interrogation : si le voile n’est pas souhaitable, comme l’explique notre Ministre de l’Éducation Nationale, si tant d’élus trouvent qu’il constitue un danger, pourquoi, alors, n’ai-je jamais rien entendu sur le sujet, depuis six ans que j’enseigne là-bas ?
Pourquoi n’est-il pas demandé à ce que l’on sensibilise les jeunes esprits sur le sujet ? Pourquoi ne recevons-nous pas des circulaires sur le sujet ? Il en pleut toutes les semaines ?

Dans un endroit où le voile est tellement présent dans l’espace public, s’il représente une question aussi complexe et délicate, pourquoi n’est-elle jamais traité ?

Se pourrait-il, qu’en vérité, il s’agisse d’un non-problème ? Se pourrait-il, à tout hasard, que les lois de la République soient bien pensées ? Que, correctement appliquées, elles permettent à chacun de vivre correctement ?

J’observe avec effarement cette polémique, qui a enflé façon soufflé au fromage ces derniers temps. Pas un mot de ladite polémique dans les classes, dans lesquelles la majorité des élèves sont concernés, et où ils aiment s’exprimer. Pas un mot de la part de quelques parents d’élèves avec qui je communique fréquemment.

Le voile intéresse sur les écrans, sur les réseaux sociaux, dans les bouches d’hommes politiques. Il intéresse quand il est étincelle de conflit, prétexte de vilipender une mère devant son gosse en la transformant en symbole. Mais il intéresse infiniment moins au quotidien.

Parce que ce qu’il représente est complexe. Que s’il y avait raison d’en parler, et de parler de sa présence sur la place publique, le débat serait long, ardu, technique, il nécessiterait du temps, de la réflexion. Et pas de drame.

Et ça, ce ne serait pas intéressant, n’est-ce pas ?

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