Mercredi 23 octobre

Parfois, ils sont tellement plus grands que ce à quoi l’on s’attend.

“Monsieur, on voit pas mal d’auteurs africains ou maghrébins cette année. C’est un choix que vous faites parce qu’on est à Ylisse ?
– Non, c’est un choix que je fais parce qu’il est important de vous montrer que le français n’est pas que le domaine de la France.
– Ah. Et ils le font aussi dans les collèges genre… haut de gamme ?”

– Les vendredis, 17h, où ils restent un peu pour terminer leur évaluation. “On n’est pas à trois minutes près de week-end, non plus…”

“Monsieur, je me suis renseigné sur Lovecraft. C’était… Waw, un sacré raciste en fait.
– Assez oui…
– Du coup, il va falloir que j’apprenne à oublier ça quand je le lis. Ça doit pas être le seul, je suppose.
– Loin de là.
– C’est dur de ne pas se laisser… polluer ce qu’on aime bien.”

– Tous les groupes snapchat et instagram qui fleurissent pour mettre en ligne les cours pour ceux qui étaient absents. “Non, parce que le logiciel du collège, une fois il bug, l’autre fois il nous déconnecte !”

“Que sont ces petits post-its sur votre cahier, Lorelai ?
– Des choses qu’on a appris avec les profs les autres années sur le même sujet. Ça vous vexe pas que je le fasse ?”

– Ces fois où ils se retournent en devoir pour expliquer une consigne que j’ai mal formulée, sans se cacher. Parce qu’ils savent que là, ils ont raison.

Tous ces petits moments, cachés dans les conflits, les difficultés, rappellent que l’adolescence reste un mouvement ascendant. Et que c’est vers là qu’on aspire à les tirer.

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