Jeudi 21 novembre

C’est le bordel dans ma tête.

Il n’y a rien qui fonctionne. Les idées s’entrechoquent, les images se superposent. Quand je commence à tenter d’organiser le bruit qui s’appelle ma pensée, tout vacille et menace de s’écrouler.

Et pourtant je suis prof. Quelque chose que j’ai fini par comprendre au fil du temps est que le bazar en classe naît souvent de la confusion. Dans les consignes données, dans le travail demandé. Et dans les propos, donc.

C’est mon plus grand défi, et une douleur intense, depuis quelques années : me contraindre à être précis dans mes phrases. Organisé dans mes propos. Une idée, une proposition. Un déroulement logique. Mes cours se passent bien, la plupart du temps, quand je parviens à effectuer ce qui doit être une évidence pour la plupart des êtres humains.

Mais il suffit que je sois un peu fatigué, qu’un contrariété me taraude pour que tout glisse. Et là, c’est la fin. J’hésite, me perd, ponctue le moindre de mes propos par vingt-cinq “donc”. Et je sais que ces heures-là seront épuisantes, pour moi comme pour les élèves

Depuis trois ans, je m’applique à corseter mes mots et ma pensées. C’est terriblement difficile. Malgré tout, lors de mes heures les plus sereines, je prends le temps de m’écarter un peu de moi-même, et de m’observer. C’est beau, une pensée claire et précise. C’est ce que j’aimerais offrir aux mômes tous les jours.

Pour le moment, je n’en suis pas capable. J’ignore si je le serai un jour.

Trop de désordre.

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