
Matinée passée à lire les rapports de jury d’agrégation des années précédentes ; ça m’a pris comme une envie de fraises : je me demande si je ne vais pas tenter de passer l’agrégation cette année, histoire de pouvoir me la péter aux repas de famille.
“Moooooui, je prépare l’agrégation.” et de me faire descendre en flammes dans le même repas de famille. “Ah oui, mais juste l’agrégation INTERNE ? Parce que la fille de la voisine, elle a eu l’externe, elle. Du premier coup. Elle a vingt-et-un ans. Et elle a en même temps eu une médaille d’or du conservatoire et un Prix Nobel de Physique.” (j’aime ma famille).
Et tandis que je me replonge dans un univers que j’ai quitté avec pertes et fracas il y a presque vingt ans, je sens tout un tas de connaissances me revenir. De méthodes que je pensais oubliées et qui se pointent, l’air de rien.
Parce qu’en fait, on n’arrête, jamais, quand on est prof.
Le quotidien, la gestion de l’immédiat peut le faire oublier ; mais nous conservons nos méthodes. Nos façons de traiter les informations, de synthétiser, de reformuler, de comprendre et faire comprendre. J’ai longtemps complexé de n’être “que prof de collège”, craint d’avoir perdu le lien avec cette belle intelligence dont on dispose au sortir de l’adolescence.
Et me rend compte que l’essentiel a été préservé.
Assez de complexe, et au boulot.