
Depuis le début des vacances, Tybalt m’a envoyé trois messages. Pas pour demander si nous aurons cours en salle 129 ou si je n’envisage pas, à tout hasard, de me faire ermite au Kazakhstan, ce qui lui permettrait de commencer ses cours à 9h30.
Mais parce que, pour la rentrée, il doit lire, comme ses camarades, La ferme des animaux en entier.
Et donc, Tybalt me parle du livre. Parfois pose des questions (”Pourquoi, à votre avis, le cochon s’appelle Sage dans le livre alors qu’ils ont traduit par “Major” dans notre manuel de français ?”), parfois se contente de commentaires. (”J’ai relu notre cours sur Staline. C’est vrai qu’il y a plein de références dans le livre !”). Tybalt a l’air heureux de lire, et semble avoir envie de le partager.
C’est rare. C’est un cadeau précieux. De se dire que, parfois, on a permis une rencontre entre un livre et un lecteur.