
Crédits images : Daria
Premier jour de vacances et, comme à l’accoutumée, je tente de me donner bonne conscience en essayant de bosser un peu chaque jour (spoiler : j’échoue misérablement la moitié du temps).
Je me retrouve devant les cours que j’avais prévus en cette dernière partie d’année, à ne pas savoir que faire. Il est acté que le brevet des collèges sera obtenu par le contrôle continu, que les notes n’ont plus cours dans notre collège et que, probablement, le confinement va durer. Un petit démon me susurre à l’oreille de me mettre à hurler de rage, parce que tout ce que j’ai préparé en amont ne sert plus à rien. Un petit ange avec un attaché-case et un flyer la République en Marche m’enjoint à me réjouir de cette magnifique opportunité qui m’est offerte.
Je m’applique à les écrabouiller tous les deux, tout en me disant que, comme beaucoup de professions en France et dans le monde actuellement, notre métier n’a jamais été aussi fragile. On nous demande de le recréer, presque de toutes pièces, chacun de façon différente selon les établissements et les publics. Que devons-nous être, devenir ? De nouveaux pédagogues, des accompagnants de nos élèves, des créateurs de contenus ? Ou, au contraire, est-il plus que jamais nécessaire de défendre les attributs du métier de prof, de peur de le voir se déliter totalement, et de nous faire attribuer toujours davantage de responsabilités ?
Dans ce débat, chacun trouvera midi à sa porte et déjà, les tensions se font sentir.
En attendant, j’avoue fuir le débat en me réfugiant dans des univers virtuels.