Mardi 7 avril

Depuis le début des vacances, Benvolio m’envoie un message par jour. Une question à chaque fois, les trois quarts du temps sur un élément de la liste de livres, films, musiques et jeux vidéo que je leur ai conseillé pour les vacances, l’autre quart sur son orientation. Je lui réponds de façon brève et concise à chaque fois, en lui souhaitant de prendre soin de lui. Il ne relance jamais. Et le lendemain, une nouvelle question apparaîtra dans ma messagerie.

C’est un comportement qu’il n’adoptait jamais avant le confinement. Par contre, il restait souvent, à la fin des cours, lorsque j’expliquais un point de détail aux élèves – punaise, ça fait bizarre de parler de ça à l’imparfait – et réagissait aux conversations auxquelles ils ne se joignait jamais par des mimiques, des sourires, des haussements d’épaules. En partant invariablement lorsqu’on lui proposait d’y prendre part.

En répondant à ces demandes brèves, un peu mal foutues, je me dis que les élèves ont une capacité d’adaptation étonnante. Et aussi que ça me fait plaisir, que Benvolio cherche à garder ce contact maladroit, auquel je réponds tout aussi maladroitement.

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