
Rangement des tiroirs. Je sors des porte-documents remplis de paperasse administrative que je tente désespérément de garder organisée (peine perdue : j’ai été frappé par une malédiction de désordre de niveau 32 dès ma naissance) : billets de circulation, fiche de remontée des difficultés d’élèves, autorisations de sorties, rapports d’incidents.
Tous ces documents que je manipulais quotidiennement deviennent tout à coup obsolètes : du fait de mon départ prochain, bien évidemment, mais aussi des “nouvelles règles”, qu’un hasard biologique nous force à créer. Plus question de griffonner sur de petites feuilles pour permettre à un élève de sortir ou de glisser dans le casier d’un collègue les problèmes auxquels font face cette élève de cinquième.
C’est étrange. Jusque là, j’étais resté à distance de ce qu’impliquait de vivre en temps de pandémie. Et c’est cette simple action de ne plus pouvoir tendre le bras vers son stylo et de donner une feuille à quelqu’un qui me ramène à la réalité.