
Un après-midi, dans une petite ville de banlieue parisienne. Cinq adultes et une petite fille, au soleil. Les cinq adultes sont tous profs. Nous nous sommes tous croisés par hasard et profession et, depuis quelques années, faisons route ensemble. Que nous travaillions ensemble ou que certains partagent leur vie.
Cinq profs qui ne s’étaient pas vus depuis plusieurs mois et qui laissent la lumière de ce mois de mai s’étendre lentement sur leurs retrouvailles.
Il y a quelques jours, un collègue m’a demandé comment je vivais le fait que je ne pourrai probablement pas dire au revoir à mes élèves et mes collègues de façon nette et précise. Que ces années en région parisienne risquent de s’achever étrangement.
Je suppose que je vis là une partie de ma réponse : je créerai mes modalités de départ. Même si nous serons encore souvent amenés à nous revoir, je goûte au fait que ces instants sont désormais comptés. Rares. Imperceptiblement j’effectue un demi-pas en arrière. Je sais que les liens que j’ai tissés avec ces personnes me permettront de les retrouver, quel que soit le monde où nous nous retrouverons. Mais cette réalité là, doucement, tendrement, commence à s’étioler.
Et je lui transmets toute la gratitude du monde. La remercie de m’avoir amené à cet endroit.