Lundi 25 mai

Je me rappelle lors de mon année de formation à l’IUFM, l’une des premières interventions d’une camarade de promo : “Je vis très mal le fait que des élèves vont payer le fait que je suis débutante.”

Cette crainte, qu’elle avait parfaitement exprimé, nous la ressentions presque tous. Et le fait que notre formatrice l’ait traitée par un simple hochement de tête, avant de continuer son cours, m’avait mis un peu en colère à l’époque.

Le confinement m’aura permis de lui pardonner, plus ou moins.

Lorsqu’il a fallu nous mettre à enseigner devant nos ordinateurs, des dizaines de prescriptions nous sont tombées sur le coin de la figure, depuis nos établissements scolaires, nos inspecteurs, notre ministère, les parents d’élèves… Maintenez vos exigences, n’en faites pas trop, gardez une cohérences, variez les supports, utilisez l’outil informatiques, gare aux écrans !

Et, en fin de compte, il a tout simplement, et comme toujours, fallu essayer. Expérimenter, avec ce que nous connaissons de nos classes et de nos élèves, pour tirer, en tenant également compte de notre énergie, le meilleur pour chacun d’entre eux.

Je vais être terriblement prétentieux. Mais je crois que j’aurais aimé que cette formatrice nous dise, tout simplement, ce jour-là : “Pardonnez-vous quand vous vous plantez, et continuez à avancer.”

Et j’aimerais, alors que des édiles s’activent à essayer de changer l’enseignement suite à cette crise, qu’ils aient également cette phrase en tête.

Oui, parfois je suis d’un utopisme à rendre cynique un bisounours.

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