Mardi 26 mai

Comme tous les mardis depuis deux mois, je me suis connecté au mur noir de la classe virtuelle. Les cours sentent le gingembre et le citron, vapeurs qui s’échappent du mug d’un demi-litre que je trimballe à chaque fois devant mon écran.

Il y avait un peu plus de monde que d’habitude, en 3e Etourvol. Nous avons parlé de lâcheté humaine et de personnification. D’ironie et d’intégrité.

Juste avant, j’avais lu un document, fraîchement arrivé dans ma boîte mail, expliquant comment se passera le retour entre les murs du collège. Une nouvelle machine construite par la direction qui, cette année, n’aura finalement jamais terminé d’organiser des heures, des tableaux, des modus operandi, à n’en plus finir.

Il va bientôt falloir discuter de tout ça. Approuver, réfuter, négocier ce plan d’action. Devoir remplir des tableaux, apprendre deux heures plus tard qu’ils sont caduques.

Finalement, ce qui aura été le plus difficile durant ce confinement, durant toute cette année, ç’aura été ça : être pleinement, totalement à son enseignement, à ses élèves. Ne penser qu’à eux, et au bonheur que, de temps en temps, ils trouvent à défendre Boule de Suif de leurs arguments étalés dans une boîte de dialogue d’ordinateur.

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