
Les conseils de classe du confinement ont commencé.
Et avec eux, la grande question : comment évaluer les élèves, en cette fin d’année ? Les troisième de l’année 2020 obtiendront leur brevet, comme les autres. Hors de question de leur refuser ce rite de passage. Dans les faits, je n’y suis pas opposé. Je sais à quel point cette étape est importante pour eux. Obtenir un titre qui marque la fin de quatre années marquantes – en bien comme en mal – ce n’est pas rien.
Un système prenant en compte les notes des deux premiers trimestres uniquement a donc été bidouillé par notre Ministère. Et nous nous retrouvons à compulser ces colonnes de chiffres, compilées par notre héroïque CPE. Marge de manœuvre minime : on nous autorise à rajouter un point pour récompenser l’assiduité d’un élève. Chacun joue son rôle.
Et il vrai que cette solution a l’avantage de préserver les apparences : les mômes ont construit leur brevet, ils l’obtiennent grâce à leur travail, converti en notes. Mais cette année encore plus que les autres, qu’avons-nous réellement évalué ? Il est une antienne de dire que la traduction en chiffres et en mots du travail des élèves est extrêmement artificielle. Mais que c’est une sorte de mal nécessaire, qui les prépare aux multiples examens, concours et évaluations qui se multiplieront, lors de leur passage dans les études supérieures et dans le “monde du travail”.
On n’a eu de cesse d’invoquer un “monde d’après”, durant le confinement. Aujourd’hui, tandis que les compétences sont validées par couleurs et les notes s’inscrivent, toujours victorieuses, force est de reconnaître que le “monde de maintenant” n’a rien perdu de sa puissance.