Vendredi 5 juin

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Parfois les histoires se finissent bien.

Comme celle d’Arès. Dont le nom filigrane ces pages depuis plusieurs années. Arès à la famille explosée, Arès à l’histoire en vrac, Arès aux réactions qui nitroglycérinent.

Arès, aussi, que de adultes ont porté. Sans se décourager, dans et hors de l’école. Ses profs ont cru en lui, ses responsables légaux aussi. Son CPE s’est démené pour que le futur lui soit propice. On l’a fait jouer d’un instrument, juste en espérant que ça lui donne un appui supplémentaire.

L’année prochaine, si tout se passe comme prévu, il sera interne dans l’établissement qu’il souhaite.

On s’est beaucoup moins parlé cette année. Je l’ai un peu regretté. Au début. Et puis je l’ai regardé, avec sa bande de copains. J’ai parcouru son cahier, toujours en vrac, mais au moins il a un cahier. Avec les trois quart des cours griffonnés à l’intérieur. Lors de nos rares conversations, il a réussi à soutenir mes regards, ses sourires étaient moins erratiques.

Et c’est ça qu’il faut. Oui ça fait de moins belles histoires que ces grands moments de complicité en salle 118. Mais le bonheur est dans cette direction là. Celle des potes qu’on gardera jusqu’en juillet, de l’internat. Et des sourires.

Parfois, quand les étoiles sont alignées et que la chance est là, un enfant parvient, pied après pied, à sortir des ronces et des larmes où son existence l’a plongée. Parfois, nous, adultes, trouvons les bons mots, les bons gestes pour l’y aider.
Ce n’est qu’une victoire temporaire. La fin heureuse n’est jamais sûre.

Mais aujourd’hui, Arès, le dieu de la guerre, n’a plus besoin de ses armes. Et quand il me parle de ses horizons à venir en souriant plus doux, plus doux, je ne peux que lui souhaiter la plus belle des odyssées.

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