Mercredi 25 novembre

Je poste sur Twitter quelques lignes d’un élève, hyper soucieux de bien faire. Et aussitôt, c’est une tempête, comme Twitter en a le secret : c’est mignon, c’est mal écrit, il y a trop de ratures, l’écriture du prof est illisible, les commentaires sont bienveillants, sont trop laxistes, la réponse du môme trop ou pas assez précise.

Pendant très longtemps, ce genre de commentaires m’a énormément atteint. Aujourd’hui, il a tendance à confirmer qu’un enseignant n’aura jamais raison : chacun vit et revit l’école par un prisme terriblement intime et sensible. Il y aura cet ancien élève, fier de ses copies magnifiquement écrites, celle pour qui le français était une torture. Celle encore, qui a eu des relations épouvantables avec les profs toute son enfance, celui qui a adoré la grammaire.

Nous formons des individus, et nous, profs, laissons presque toujours des souvenirs puissants, qui s’expriment dès que le sujet de l’éducation est sur la table. Et dire que certains ne voient pas en quoi l’enseignement est une profession éminemment politique…

Nous n’aurons jamais raison, car nous avons en charge toutes les individualités, ou presque, de la République. Et que nous ne pouvons qu’espérer transmettre le mieux possible, et ne pas laisser trop de mauvais souvenirs.

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