Mercredi 24 février

Ma sœur prépare donc son CAPES. Une mère prof des écoles, un père prof des écoles, puis conseiller pédagogique, puis chef d’établissement, une sœur peut-être future enseignante d’anglais… et moi.

Ce qui m’étonne le plus – au-delà de l’ironie facile qu’on pourra faire sur les “enfants de profs” – et de constater à quel point nous avons tous une vision et un ressenti de l’enseignement différent. Lorsque je parle de mon métier avec ces trois personnes qui constituent trois piliers de mon univers, je sais qu’ils me comprennent parfaitement. Pourtant, il y a comme un glissement subtil : jamais ils ne vivront, ou n’auront vécu, ce boulot comme je le vis. Et réciproquement.

C’est à la fois terrifiant et exaltant : nos expériences d’un même métier sont radicalement différentes. L’enseignement est une contrée gigantesque, dont les zones encore non cartographiées s’étendent un peu partout. Ce que ma sœur vivra lui appartient en propre, et j’attends, avec joie et impatience, de voir quelles seront ses aventures en ces terres. En espérant qu’elle y trouve son équilibre, en dépit des coups du sort. En souhaitant qu’elle s’y construise comme j’ai le sentiment d’y parvenir. Alors qu’il y a treize ans, c’était encore loin d’être une certitude…

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