Lundi 22 mars

C’est un cours un peu bordélique, un cours durant lequel on rend un contrôle, mais aussi le cours durant lequel j’avais promis que les élèves pourraient jouer la scène de théâtre qu’ils préparent depuis un moment.
C’est un cours un peu bordélique parce que Léonore a apporté deux sacs de costumes et qu’un temps non négligeable s’écoule entre deux de ses apparitions, tandis qu’elle se change dans la réserve de livres attenante à la salle.
C’est un cours un peu bordélique parce que depuis que Sylvère a décidé de lui-même qu’il combattrait ses diverses angoisses médicalisées par le théâtre, il s’est transformé en une sorte de bête de scène qui joue comme le fils illégitime de Robert Hossein et David Bowie et qu’il faut limite le tirer hors de l’espace de jeu, étant donné qu’il avait appris six scènes.
C’est un cours un peu bordélique parce que Leia, Amalia et Lise se sont engueulées à la récré juste avant et qu’elles ne veulent plus se parler. Thérapie express de groupe et réconciliation dans les larmes avant un passage durant lequel elles feront mourir de rire tous les élèves.
C’est un cours un peu bordélique comme il en faut de temps en temps, après une heure passée à étudier les fonctions de la phrase, comme il en faut, alors que je crois de plus en plus à la rigueur. C’est un cours un peu bordélique parce qu’ils l’ont gagné à force de sérieux et que, pendant une heure, à tous points de vues, ils ont joué, et que ça leur a fait du bien.