Mardi 23 mars

La collègue d’anglais des sixièmes Akwakwak a un sourire amusé quand elle me parle :

“Les sixièmes Akwkakwak étaient très sixièmes Akwakwak, pendant l’intervention de sécurité. Très attentifs, le doigt toujours en l’air, mais à poser des questions totalement hors sujet. Ils sont petits, quand même.”

Pour une raison qui m’échappe sur le moment, cette observation me fait plaisir. Tu faiblis, Samovar, toi qui ne supportais pas les sempiternelles questions de sixièmes, leurs grosses trousses pleines de crayons et de merdouilles en plastique, toi l’adepte du cynisme et de la maturité des mômes, tu as les yeux qui s’embrument quand on te dit qu’ils sont encore en bébés ?

Peut-être parce que c’est une montagne immense qu’ils ont réussi à franchir. Les mômes qui, en début d’année, s’écharpaient dans la cours dans une tentative de devenir collégien ont acquis une sorte d’innocence tranquille. Parfois de façade, parfois bien réelle. Ils ont reconquis le droit de s’enthousiasmer pour des travaux de classe, de courir vers leur salle de cours en rigolant, de resouligner les titres dans leurs cahiers sans lancer des regards noirs à leur voisine qui leur a dit que leur voisin de bus leur a dit que de toutes façons, sa sœur était trop conne d’abord.

Et qu’importe qu’ils y croient vraiment ou pas. Ils peuvent, de temps à autres, être des élèves de sixième. Juste ça. Et ça a rallumé un truc dans leurs yeux.

Laisser un commentaire