Mercredi 24 mars

Laurène, Fadwa et Lou sont tout le temps fourrées ensemble. Des copines de collège comme on en a tous connu, pour qui chaque récré est la fin d’une trop longue attente, qui connaissent entre elles des drames et des passions qui feraient pâlir d’envie un tragédien classique.

Laurène, Fadwa et Lou ont une marque. LFL. Elles passent leurs temps libres (pas les heures de cours, elle sont studieuses), à recouvrir des pages des futurs produits qu’elles vendront, et des modes qu’elles lanceront. Elles sortiront des singles avant de s’envoler à Dubai pour le lancement de leur collection printemps-été.

Lors de la première vie de classe durant laquelle j’aborde la vie professionnelle, je demande évidemment si certains ont déjà une envie de métier. Laurène se verrait bien prof, Fadwa vétérinaire et Lou avocate.

“Du coup, dis-je un peu bêtement, la marque LFL, ce sera dans vos temps libres ?”

Elles me regardent un peu gênés par le prof qui vient de dire une bêtise.

“Monsieur, c’est pas pour de vrai. Ça, c’est des rêves, pour pouvoir faire des trucs ensemble !”

Je me mords la langue, me rappelle que faire une hémorragie devant les sixièmes, ce serait moyen, et tente de me reprendre.

“Du coup… Vous n’avez pas de projets ensemble, pour le futur ?
– Ben on peut pas savoir. C’est trop loin. Là, LFL, ça nous fait nous sentir heureuses, c’est tout.”

Elles finiront l’heure de vie de classe en coloriant gentiment leurs logos imaginaires.

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