Mardi 27 avril

Lors d’une conversation, je m’entends dire : “Je crois qu’il n’aime pas trop le contact avec les enfants.”
Parfois, mes propres mots me laissent perplexes. Après toutes ces années passées à enseigner à des collégiens, je ne sais plus ce que c’est, le contact avec les enfants. La très grand majorité des certitudes que j’avais à leur sujet ont été soigneusement épluchées par ces mêmes enfants. Que ce soit au sujet de leur maturité (ou de leur manque de ladite maturité), de leur caractère en formation, de leurs goûts.
Ils sont, petit à petit, devenus un kaléidoscope multiple. Ils sont, et je suis conscient d’écrire une phrase gonflée de prétention, devenus des individus, tous autant qu’ils sont. Rien ne va jamais de soi avec un môme. Et “le contact avec les enfants” me semble une réalité de plus en plus nébuleuse. Le contact avec une classe peut-être.
Une classe remplie de dizaines d’histoires, de dizaines de couleurs d’humanité.