Mercredi 28 avril

Avalanche brutale de messages ce matin, venue de je ne sais où. Ce n’est pas faut, de la part de tous les collègues, d’avoir tenté d’endigué le flux. On a demandé aux élèves de nous contacter, on les a assuré qu’on était là pour eux, qu’il ne fallait pas s’affoler…
Et là, les questions arrivent dans tous les sens : “Il faut faire quoi dans l’exercice ?” (Lequel ? Mystère). “Monsieur je trouve plus mon cahier.” “Monsieur, si j’imprime les feuilles, c’est grave ?”
C., une collègue, m’avait appris il y a quelques années l’importance de l’empathie lors des explications. Réussir, de façon quasi-simultanée à notre cours, à se mettre à la place d’un élève à qui il manque la plupart des références. Pour reformuler, reprendre. Pour repérer le môme qui hoche la tête, mais dont le regard émet les appels au secours d’un koala piégé dans un incendie ou le vide intersidéral.
Une étape primordiale me concernant et qui est, bien évidemment, totalement impossible dans les circonstances actuelles. Que j’ai tenté, comme l’année dernière, de remplacer par toutes les précautions possibles. Précautions qui se sont révélées quasi-inutiles. Demain, si les dieux de l’informatique sont cléments, je prendrai du temps pour discuter avec eux. Pour essayer de remettre d’équerre le château qu’ils ont tenté de construire avec les activités que j’ai envoyé à distance.
Mais punaise, comment on bosse, sans leurs regards ?