Mercredi 9 juin

Je suis sorti du lycée Hoshido plus discrètement que d’aucun de mes autres bahuts. Un retour par l’intendance pour déposer ma clé, celle qui permet d’ouvrir d’immense portes de bois, quelques phrases échangées avec la collègue que j’avais commencé par remplacer, sur la fin d’une année fatigante, et c’est tout.

Les élèves sont partis en me souhaitant bonnes vacances, les premières tout aussi détendus que les secondes, à quelques jours de leur bac de français. C’est tant mieux.

Au-dehors il fait beau, et de lycéens discutent en fumant. L’histoire que j’avais commencée à me raconter sur Monsieur Samovar prof de lycée se dissipe en volutes. Elle n’a pas eu le temps de se matérialiser, elle sera restée une silhouette. C’est tant mieux aussi.

Que me restera-t-il de ce grand bahut et des quelques visages que j’aurais à peine commencé à cerner ? Déjà une bien meilleure connaissance de la négation et des subordonnées, que j’ai dû m’injecter en catastrophe pour assurer des cours un minimum digne de ce nom. Des lectures effectuées à toute vitesse. Et puis cette peur, enfin conjurée, d’être incapable de faire cours à des grands. Arrivée sur l’un des derniers vers étudié avec les secondes :

“Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue
Se serait avec vous retrouvée, ou perdue.”

Ouais. C’était chouette.

Laisser un commentaire