Jeudi 10 juin

Sur Twitter, plusieurs collègues évoquaient ce matin les enseignants nouvellement arrivés dans le métier. Il y a un an ou deux.

Ces enseignants pour qui les élèves sont, la plupart du temps, des regards surmontant un masque collé au visage, glissant en permanence, un masque qu’il faut changer en catastrophe, un masque “on le remet au-dessus du nez, même s’il faut chaud.”

Ces enseignants qui, en plus de cours à préparer, de formations à suivre et de visites à anticiper, ont dû apprendre les arcanes de protocoles sanitaires changeant au gré d’interventions télé de nos dirigeants. Qui ont distribuer le gel hydroalcoolique à l’entrée des cours, calmer les angoisses des élèves, le scepticisme des parents, ou l’inverse.

Ces enseignants pour qui “le distanciel” n’est pas une modalité incongrue d’enseignement qui nous est tombée dessus comme un piano sur le frère d’Eddy Valiant (si tu as moins de trente ans, tu n’auras pas la réf et ça n’est pas grave), mais quasiment la moitié de leur vie professionnelle.

Et en effet, vous méritez plus qu’une simple évocation, vous méritez plus qu’un hommage. La réalité a envers vous une dette ressemblant à celle qui menace mon compte bancaire lorsque Steam est en période de soldes.

Vous méritez de connaître, enfin, une rentrée normale, et sans l’angoisse permanente d’éventuels cas contacts, sans la nécessité de s’adapter, groupes, demi-groupes, salles fixes et désinfection. De tout cœur, j’espère qu’on en prend le chemin et que l’un des effets de la vaccination à grande échelle, sera que vous connaîtrez les avatars de tous les néo-titulaires. Bien sûr que ce ne sera pas forcément des lendemains qui chantent. Que les galères professionnelles naviguent parfaitement sur les flots d’une situation sanitaire mondiale correcte.

Mais que cette charge mentale se dissipe, que les efforts que vous avez fournis puissent enfin se déployer dans vos classes. Les mômes qui montent plus ou moins bien rangés, les heures improvisées au CDI, les voyages scolaires, les passages de vidéos où les gamins s’agglutinent au meilleures places… Tous ces trucs là. Je vous les souhaite très fort.

Bienvenue dans le métier les collègues. Prenez soin de vous.

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