Samedi 12 juin

Ma boîte mail a rarement reçu autant de mail cette année qu’en ce moment. Aucun ne me concerne directement : il s’agit de la préparation de l’année prochaine. Les principaux et proviseurs d’établissements dans lesquels j’ai exercé demandent aux enseignants “en poste fixe” leurs préférences pour l’année prochaine : travailler de préférence sur des créneaux de deux heures, avec des collègues pour participer à tel projet, sur tel niveau…
J’observe tout cela, cette année un peu extérieur : changer d’académie m’a fait redémarrer en bas de l’échelle des “privilèges” des enseignants (si on peut considérer que savoir quarante-huit heures à l’avance où l’on va enseigner comme un privilège.) Je savais que c’était la règle, et c’est pourtant assez étrange de terminer cette année un peu à l’écart de ce qui fait, habituellement, une fin de période.
“Vous êtes professeur au même titre que notre prof de français ? m’a demandé une élève de seconde l’autre jour.
– Je vais essayer de ne pas prendre ça comme une évaluation désastreuse des cours que je vous ai donnés.
– Naaaaaan ! C’est juste, vous pourriez être dans une classe à temps plein ? Vous n’êtes pas là uniquement pour remplacer ?”
Cette conversation, des milliers de TZR ont dû l’avoir, et l’auront encore. Il y a quelques années, elle m’aurait probablement blessé. Désormais, je la prends comme une partie du jeu.
Et accepte, pour l’instant, la légèreté.