Vendredi 11 juin

Dernière évaluation notée de l’année rendu aux sixièmes Canarticho. Et comme à chaque fois que j’ai rendu les devoirs, il y a eu

– Cette élève qui n’y croit pas, et saute littéralement sur sa chaise : “Mais monsieur, ce 18, c’est pas moi ! J’ai jamais eu ça, moi !”

– Celui qui remercie à peu près toute la galaxie en agitant les mains.

– Celui qui fait la tête. Ben oui il avait pas révisé, mais quand même !

– Celle qui devient toute blanche. Elle a lu les questions trop vite, elle a répondu à côté, même quand on lui a demandé de se relire.

– Celui qui demande déjà quand aura lieu le prochain devoir.
“Il n’y en n’aura plus Horatio, c’était le dernier.
– Mais promis le prochain je révise beaucoup beaucoup !”

– Celle qui récupère sagement sa copie, la range et reste attentive à la correction. Elle aura fait la course en tête toute l’année, sans jamais donner l’impression que c’était difficile ou trop aisé.

– Celle qui calcule déjà quelle récompense elle va pouvoir monnayer avec ce résultat.

De formation en formation, on ne cesse de me vanter l’importance la motivation intrinsèque. L’idée que l’envie d’apprendre doit venir de l’élève, et pas d’un élément extérieur. Et au fil du temps, je suis parfois parvenu à mobiliser des classes autour de cette idée. Mais même dans ces groupes, la remise des copies reste toujours un moment d’émotion puissante. Limite déstabilisante. Peu importe que je les fasse distribuer rapidement ou que je les rende dans un silence solennel. Peu importe que ce soit dans un collège de région parisienne, de campagne bretonne ou de banlieue sarthoise.

Cette année encore, la puissance des notes reste grande.

Laisser un commentaire