Jeudi 17 juin

Petit à petit, mon statut a changé au collège Nohr. Ce qui est logique, étant donné que je n’y suis plus que deux jours par semaine. Je ne suis pas moins intégré, ou moins bien accueilli par les collègues – qui sont au contraire presque plus prévenants maintenant – mais j’ai perdu le pouls du bahut. Les mille petits événements qui font que l’on a l’impression de faire partie d’une équipe. On ne voit plus que les séismes.
Comme celui qui vient de bouleverser la salle des professeurs quand j’arrive : une classe de sixième en moins pour la rentrée 2021. Moins d’heures, plus d’élèves dans celles qui restent. Et des collègues hyper motivés, hyper investis, qui se demandent si leurs postes ne risquent pas de disparaître l’année prochaine, les forçant à muter. Et une certitude me concernant : je n’exercerai pas dans ce petit bout de campagne paisible l’année prochaine.
Je le regretterai probablement, ce bahut semblable à des centaines d’autres, construits à la chaîne dans les années 70. J’ai enchaîné les kilomètres pour y aller le matin, mais il m’a accueilli, dans ma situation de TZR, nouveau prof breton, avec beaucoup de douceur.
Il me reste sept heures à y enseigner. Je monte rejoindre les sixièmes Canarticho. Deux heures paisibles, même s’ils bossent un peu au ralenti, dans l’atmosphère encore un peu humide, un peu orageuse laissée par la vague de chaleur.
Et très vite, plus que cinq heures.