Vendredi 3 septembre

Journée préparation de cours (j’ai un emploi du temps qui ressemble à une œuvre d’art contemporaine mais, au moins, je ne fais pas cours le vendredi) : conception du premier “vrai” chapitre de l’année en seconde avec l’étude de La machine infernale.

En première, j’entame également l’année avec la lecture du prologue d’Antigone.

Les mythes, toujours les mythes. Quelle que soit l’année, l’établissement ou les classes, on y revient, et pas seulement parce que le programme y invite. Les mythes me rassurent, en tant que prof. Ils me permettent de raconter des histoires, ce qui reste l’une des meilleures façons, pour moi, d’aborder des élèves. Ils sont toujours un terrain de connaissances communes. Tous les mômes ont entraperçu la sphinge, entendu parler d’Œdipe ou de quelque créature étrange, dissimulée dans les brumes de l’Antiquité.

Et puis surtout, il y a quelque chose d’immense dans ces textes. Je veux dire, tous les textes nous dépassent. Mais qu’il s’agisse des meurtres des Atrides, des métamorphoses de Circé ou des aventures de Psyché, le poids de ces histoires est toujours palpable. Je disais l’autre jour que si on arrivait à répondre aux questions essentielles que posent les mythes, si on arrivait à comprendre pourquoi, exactement, Orphée s’est retourné, alors on aurait la clé pour sauver l’humanité. Bien sûr, j’étais dans un délire lyrique, c’était approprié.

Mais quand même. À chaque nouvelle rentrée, j’ai l’impression que je n’y arriverai pas. Que ce boulot est trop immense, trop complexe, trop important pour moi.
Alors j’invoque les premières histoires ; et chaque année elles me portent.

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